Aperçu du marché du livre en Australie – Les circuits de vente

Ces derniers temps, nous étudions le marché du livre australien en parcourant des extraits de notre guide de marché intitulé Selling Canadian Books in Australia. Dans ce dernier article de blogue sur ce guide, l’expert et auteur Michael Webster décrit les circuits de vente potentiels pour les livres importés sur ce marché.

Ventes au détail

Les ventes de livres au détail en Australie sont suivies et mesurées par Nielsen BookScan, qui recueille des données transactionnelles aux points de vente des principales librairies, des grands magasins et des magasins à bas prix, des boutiques en ligne et de certaines librairies indépendantes. Au cours d’une semaine normale, des renseignements sur plus de 90 000 titres différents sont recueillis, ce qui représente plus de 15 millions de dollars en ventes. Nielsen BookScan estime que les données recueillies auprès des détaillants couvrent environ 90 % des ventes de livres au détail en Australie, ce qui correspond aux ventes de plus de 1 000 points de vente au détail. À l’heure actuelle, le groupe surveille seulement les ventes de livres imprimés, mais élabore un panel consacré aux ventes de livres numériques.

Selon les données de Nielsen BookScan, le chiffre d’affaires de la vente au détail de livres imprimés s’établissait à 968 millions de dollars (53,6 millions d’unités) en 2016, soit une baisse de 5 % par rapport à 2015 attribuable à un déclin des ventes de livres à colorier pour adultes, ouvrages qui avaient dominé le marché cette année-là. Dans ce contexte, les remises importantes observées au cours des dernières années ont diminué, passant en moyenne de 18,5 % à 16 % environ en 2016, avant de connaître une nouvelle baisse au cours des six premiers mois de cette année. Ce déclin des remises a fait en sorte que le prix de vente moyen des livres imprimés a augmenté de 4,2 % en 2016 pour s’établir à 18,07 $.

Il convient de souligner qu’il n’existe pas de régime de prix de détail imposé en Australie, bien que la tradition du prix de détail suggéré par l’éditeur perdure. En général, les prix sont semblables à ceux pratiqués au Canada (à l’exception de la TPS de 10 % comprise dans le prix des livres vendus en Australie, et qui est seulement inscrite séparément sur le reçu de caisse).

Auparavant, le gouvernement n’imposait pas la TPS sur les livres importés, à moins que la valeur de l’envoi ne dépasse 1 000 $, l’un des seuils les plus élevés au monde. Cette situation a changé le 1er juillet 2018, date à laquelle la TPS a commencé à être facturée sur les importations de faible valeur.

Détaillants

On estime qu’il y a plus de 5 000 points de vente en Australie qui proposent des livres. Pour près de 1 100 d’entre eux, la vente de livres est considérée comme une activité principale ou les livres constituent une part importante de leur gamme de produits. De ce nombre, plus de 600 sont membres de l’Australian Booksellers Association, principal organisme représentant les librairies.

Le marché « traditionnel » de la vente de livres se divise en trois secteurs : le secteur des chaînes de magasins et des achats en ligne (chaînes); le secteur des entreprises indépendantes (indépendants); et le secteur des grands magasins et des magasins à bas prix, qui comprend les supermarchés (DDS).

Chaînes et achat en ligne : Ce secteur, qui représente environ 45 % des ventes de livres imprimés, comprend, sans toutefois s’y limiter, les magasins qui appartiennent à des entreprises et les franchises, dont la plupart sont exploités à l’échelle nationale. Font partie de ce secteur de grandes chaînes comme Dymocks et Queensland Book Depot, chacune comptant 59 points de vente; l’organisme à but non lucratif « Co‑op Bookshop », comptant 64 magasins, principalement sur des campus; WHSmith, qui a plus de 50 points de vente, dont la plupart sont situés dans des aéroports et exploités sous diverses marques; AWPL avec des points de vente dans 10 aéroports et environ une quarantaine d’établissements de grande distribution; Collins Booksellers avec 29 magasins, principalement à l’échelle régionale; et Sanity, le détaillant de musique et de DVD, qui a une gamme restreinte de titres de l’Australian Broadcasting Corporation dans ses magasins.

Bien que toutes les chaînes traditionnelles disposent de services en ligne, certaines chaînes de ce secteur se retrouvent seulement en ligne, notamment The Nile, Fishpond et Booktopia, cette dernière étant de loin la plus importante de toutes.

Les chaînes bénéficient d’un rabais de 45 à 55 % sur le prix de vente conseillé établi par l’éditeur ou le distributeur. Elles achètent de moyennes et de grandes quantités de titres assez populaires et de succès de librairie par l’entremise de la centrale d’achat du siège, et affichent présentement une part d’invendus de 18 à 20 %. Leurs ventes se font de façon combinée au prix de vente conseillé et en offrant de légers rabais.

Indépendants : Contrairement à d’autres marchés, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, le secteur des entreprises indépendantes demeure robuste en Australie. Il représente environ 27 % des ventes, un pourcentage demeuré relativement constant au cours des cinq dernières années. Bien que ce secteur regroupe surtout des entreprises comprenant un seul site ou à propriétaire-exploitant, il comprend également des magasins multisites, qui sont habituellement exploités dans un seul État. Par exemple, le groupe Readings, situé à Melbourne, compte sept magasins, tandis que Mary Ryan et Gleebooks, situés respectivement à Queensland et à Sydney, comptent chacun cinq magasins.

Les indépendants achètent des titres – du marché de niche aux succès de librairie – auprès de points de vente individuels en bénéficiant d’un rabais de l’ordre de 40 à 45 %. Toutefois, ils sont de plus en plus nombreux à acheter leurs ouvrages par l’entremise de Leading Edge, le groupe national d’achat et de commercialisation utilisé par plus de 170 indépendants. Les ventes des indépendants se font généralement au plein tarif (p. ex., prix de vente conseillé) et les taux d’invendus dans ce secteur varient de 10 à 15 %.

Grands magasins, magasins à bas prix et supermarchés (DDS) : La part de marché de ce secteur est de l’ordre de 30 %. Il comprend les grands magasins David Jones et Myer, les supermarchés, notamment Woolworths et Coles, et les magasins à bas prix et à grande surface comme Kmart, Target, Big W, Toys “R” Us, etc. Tout comme dans les autres secteurs, les DDS possèdent tous des points de vente au détail achalandés et sont tous présents en ligne. Leurs titres en stock, achetés de façon centralisée et principalement destinés au marché de masse, font généralement l’objet d’une forte réduction. Le taux d’invendus se situe présentement au-delà des 20 % dans ce secteur.

Alors que le secteur traditionnel demeure bien portant, il connaît tout de même son lot d’inquiétudes, notamment lorsque des éditeurs d’ouvrages d’intérêt général mettent l’accent, à grand renfort de publicité, sur de nouveaux titres et le catalogue des nouveautés, ce qui peut entraîner des achats excessifs par de nombreux libraires, qui, en retour, peuvent se traduire par des invendus plus élevés. La répartition entre les ventes de nouveautés et de livres de fonds est demeurée constante au cours des trois dernières années et devrait rester inchangée dans un avenir proche.

La centralisation de la distribution devient également une préoccupation pour de nombreux détaillants. Tandis que de nombreux petits éditeurs et éditeurs spécialisés conservent leurs propres centres de distribution, le regroupement des trois grands distributeurs (UBD, Alliance et Harper Entertainment) en inquiète certains. Par exemple, selon certaines observations établies dans le cadre de la rédaction de ce rapport à partir d’un échantillon composé de grands magasins indépendants, de fournisseurs de bibliothèques et de magasins franchisés, la part de marchandise achetée auprès du principal distributeur, Random Penguin United Book Distributeur (UBD), peut s’élever à plus de 50 %.

Bibliothèques

On estime que de 10 à 12 % des ventes de livres (imprimés et numériques) en Australie sont destinées aux bibliothèques. L’Australie compte plus de 10 000 bibliothèques, dont la plupart sont reliées électroniquement par l’Australian Libraries Gateway (ALG). Bien que les collections numériques se soient enrichies au cours de la dernière décennie, ce qui a eu des répercussions sur l’achat de livres imprimés, les bibliothèques demeurent d’importants acheteurs auprès des fournisseurs des bibliothèques spécialisées et des éditeurs individuels.

Les éditeurs qui souhaitent communiquer directement avec les bibliothécaires responsables des achats peuvent obtenir des listes d’envoi spécialisées (étiquettes adhésives ou adresses courriel) auprès de sources comme l’Australian Library and Information Association (ALIA), principale association des bibliothèques, ou d’Auslib Press.

Le marché des bibliothèques se compose de nombreux secteurs, chacun ayant sa propre organisation ou son groupe représentatif au sein de l’ALIA. L’ensemble du marché des bibliothèques est constitué de 500 « points d’achat » pour les bibliothèques publiques, où se font les achats et la distribution d’ouvrages pour 1 500 succursales distinctes de bibliothèques (p. ex., en Australie-Occidentale, le State Library Board effectue des achats centralisés pour les 232 bibliothèques publiques de l’État); de 9 000 bibliothèques d’écoles primaires et secondaires; de 31 240 bibliothèques universitaires et d’autres établissements d’enseignement supérieur (p. ex., formation technique); de 8 bibliothèques d’État et de la National Library of Australia; et de 1 200 bibliothèques spécialisées notamment les bibliothèques d’entreprises, du gouvernement, dans les domaines de la santé et du droit, associatives et parlementaires.

Comme au Canada, la loi australienne exige que tous les éditeurs, qu’ils exercent des activités commerciales ou non, déposent des exemplaires de leurs nouvelles œuvres à la National Library of Australia ainsi qu’à leur bibliothèque d’État locale, dans le mois suivant la publication. En février 2016, le dépôt légal a été étendu à toutes les publications australiennes en ligne, y compris les livres imprimés et numériques, les revues, les magazines, les bulletins d’information, les rapports, etc.

Vous voulez en savoir plus à propos de ce marché ? Téléchargez la version complète de notre guide Selling Canadian Books in Australia (2017).

 

2019-02-13 | Export, Guides de marché