Digital Book World – Édition 2017 (2e partie)

Survol d’autres séances auxquelles nous avons assisté lors du colloque Digital Book World. Des renseignements sur les façons de travailler de manière efficace avec les médias et sur l’avenir des livres audio.

Comment travailler plus efficacement avec les médias

Conférenciers : Alexandra Alter (journaliste spécialisée en édition, The New York Times), Melissa Egan (productrice déléguée, The Leonard Lopate Show de WNYC), Ellen Frankman (productrice principale, The Takeaway), Tina Jordan (rédactrice en chef, Entertainment Weekly), Robin Sanders (productrice responsable de programmation, CBS News Sunday Morning)

Animatrice : Yona Deshommes (directrice associée de la publicité, Atria Books)

La salle était bondée lors du panel qui a réuni des journalistes et critiques littéraires, des producteurs de radio et de télévision, ainsi que des diffuseurs de quelques-uns des plus grands médias des États-Unis. Comme nous l’avons mentionné dans notre précédent billet portant sur l’édition 2017 du colloque Digital Book World, il existe de nombreuses nouvelles façons de promouvoir les livres. Contrairement à ce que certains peuvent penser, le bastion traditionnel des médias a encore de l’influence.

Comme l’a mentionné Mme. Yona Deshommes lors de son allocution d’ouverture, « Oprah est habituée à recevoir les plus grands. Avant, nous voulions cela en plus d’une critique dans le New York Times. » Par le passé, des tournées étaient organisées lors de campagnes, et tous les livres obtenaient une critique dans la presse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, regrette-t-elle. Les éditeurs doivent choisir les auteurs qui auront droit à une tournée, et les budgets ne suffisent pas à défrayer les coûts. Il est difficile d’obtenir une couverture médiatique, surtout pour un auteur qui débute. Depuis la crise économique de 2008, de nombreux médias ont disparu. Pourtant, la couverture médiatique joue encore un rôle considérable pour les livres, a constaté Mme. Deshommes. En désignant les membres du panel, elle a déclaré que « ces personnes représentent ceux et celles qui font encore de la place aux livres » pour leur offrir une couverture médiatique à l’échelle nationale. Donc, la question qui se pose est comment faire pour que nos livres se retrouvent entre leurs mains?

Au moment d’examiner l’impact du numérique sur la couverture médiatique des livres, les réponses des panélistes étaient partagées. Alexandra Alter du New York Times a souligné que le numérique avait complètement transformé leur manière d’opérer, de façon radicale. En effet, les fondements mêmes du New York Times ont été modifiés. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la restructuration de la publication en pensant au format numérique en premier, puis au format imprimé. Le New York Times ayant une vaste gamme d’articles en ligne, de balados, d’articles publiés et d’événements en direct sur Facebook, si quelque chose ne fonctionne pas avec l’imprimé, il y a d’autres voies à explorer. Tina Jordan de Entertainment Weekly et Melissa Egan de The Leonard Lopate Show ont abondé dans le même sens. Elles sont toujours à l’affût de nouvelles façons de rapprocher les lecteurs et les livres. Ellen Frankman a également évoqué la nécessité de réutiliser la couverture, les sujets et les entrevues sur les différents supports et médias qui se trouvent sur leur site, ainsi que l’importance d’une présence sur les réseaux sociaux. The Takeaway sera plus susceptible de s’intéresser à un livre s’il suscite des discussions en ligne, a-t-elle expliqué. Fait intéressant, Robin Sanders de CBS News Sunday Morning a souligné que les technologies numériques ont eu très peu d’influence sur leur façon de présenter des récits ou d’en découvrir. Il s’agit de l’exception qui confirme la règle.

Les balados ont fait l’objet de nombreuses discussions et ont suscité beaucoup d’intérêt lors du panel. La plupart des participants ont recours aux balados comme média pour communiquer avec les lecteurs. Mme. Jordan a déclaré que les balados lui étaient souvent utiles lorsqu’elle voulait faire la promotion d’auteurs ou de livres pour lesquels il n’y avait pas de place dans le magazine, ceux pour qui la promotion sur les médias numériques était plus adéquate, ou même ceux qui ont été oubliés et qui finissent par être découverts lors des critiques de fin d’année. Les balados offrent à ces titres une plateforme souple, a-t-elle expliqué. Mme. Frankman adopte une approche semblable. Leur émission étant diffusée à la radio, il est fréquent qu’une version balado plus longue soit produite, ce qui permet une couverture plus étendue d’un auteur et d’un livre.

La question plurielle la plus utile qui fut adressée au panel a sans aucun doute été : « Comment évaluez-vous les livres que vous lisez ? Qu’est-ce qui attire votre attention et vous fait choisir un titre en particulier ? » Tous les panélistes ont unanimement déclaré examiner tous les livres qu’ils reçoivent, même si ça ne semble pas être toujours le cas; alors, continuez d’en envoyer ! Pour Mme. Sanders, la valeur marchande et la période de parution du livre jouent un grand rôle dans sa décision. L’ouvrage doit lui parvenir bien avant sa publication pour avoir une place dans l’émission CBS News Sunday Morning. Cette dernière couvre principalement les œuvres non romanesques, et, de temps à autre, une place est réservée au roman d’un auteur très célèbre comme Stephen King. Mme. Alter du New York Times a évoqué une approche différente. Pour elle, c’est souvent le communiqué de presse ou le texte de présentation qui attire son regard. Elle est continuellement à l’affût des livres qui ont une trame de fond originale, qu’il émane d’un auteur débutant ou chevronné. Les deux productrices radiophoniques ont encore une autre approche. Pour elles, tout est dans le thème, dans l’actualité et dans ce qui s’intègre au message de leur programme dans l’ensemble. Mmes. Frankman et Egan ont déclaré toutes deux être ouvertes à entendre parler d’anciens et de nouveaux titres. Pour elles, l’important est que les livres viennent compléter le thème abordé pour une émission en particulier. Les deux recherchent des auteurs capables de faire avancer la discussion. Elles ont également mentionné qu’il était important que l’auteur puisse être pressenti pour de la radiodiffusion, en plus de la nécessité d’avoir assez de matériel pour justifier une entrevue. Mme. Jordan a, quant à elle, une autre approche. Elle préfère s’y prendre avec une longueur d’avance en recevant les ouvrages sous forme manuscrite et est ouverte aux titres variés de tous genres.

Tous les panélistes étaient d’accord pour dire que les touches personnelles mènent loin. Lorsque des livres leur parviennent, une note manuscrite ou un appel téléphonique peut parfois faire toute la différence. Nombre d’entre eux ont également indiqué qu’ils préfèrent recevoir des exemplaires en prépublication ou du matériel de deux à 10 semaines avant publication, et même parfois six mois avant publication. Lorsqu’il est question de faire un suivi, les panélistes ont mentionné que le courriel et l’appel téléphonique sont à privilégier. Quant aux délais, ils implorent la patience des éditeurs. Ils ont beaucoup de lecture à faire et pas assez de temps dans une journée, malgré toutes leurs bonnes intentions. Un sentiment partagé par beaucoup d’entre nous, j’en suis certaine.

Renseignements importants à propos de l’avenir des livres audio

Conférenciers : Michele Cobb (directrice générale, Audio Publishers Association), Amanda d’Acierno (vice-présidente directrice, éditrice, Penguin Random House Audio), Ron Formica (directeur, Acquisition de droits, Tantor Media), Ralph Lazaro (vice-président, Groupe des produits numériques, Findaway), Erica Lazzaro (avocate générale et directrice des services aux éditeurs, OverDrive)

Animatrice : Lorraine Shanley (présidente, Market Partners International)

Le récent succès des livres audio a rendu ce format très attrayant aux yeux d’un certain nombre d’éditeurs. Ainsi, ils sont nombreux à chercher des renseignements sur la façon de tirer le meilleur parti de leurs produits grâce à la création de livres audio. Même s’il s’est avéré décevant que ce panel se déroule sous forme de présentations individuelles plutôt que sous forme d’une discussion franche sur les occasions et les défis en lien avec la création de livres audio, des éléments importants en sont ressortis pour les éditeurs qui souhaitent suivre les avancées dans ce domaine :

  • Au cours des cinq dernières années, les ventes de livres audio ont connu une croissance constante. Durant les deux dernières années seulement, il y a eu une augmentation de 47 % du nombre d’unités vendues, selon l’Audio Publishers’ Association (APA).
  • En 2015, les ventes de livres audio ont atteint 1,7 milliard de dollars américains. De ce montant, les titres abrégés ne représentaient que 3,5 %. Les romans (77,3 % des ventes en 2015) sont plus populaires que les œuvres non romanesques (23,7 %), selon l’APA.
  • 55 millions d’Américains ont écouté des livres audio en 2015, selon l’APA.
  • La majorité des utilisateurs sont âgés de 45 à 54 ans, mais les 25 à 35 ans représentent une part croissante du marché. Ils disposent de temps et de moyens financiers, et pourraient devenir des auditeurs à vie, selon l’APA.
  • Les cinq genres les plus populaires sont : roman à énigme /roman à mystères, histoire/biographie/mémoires, roman populaire, classique et science-fiction/fantastique (APA).
  • L’avènement des balados, des téléphones intelligents et une couverture médiatique plus étendue ont largement contribué à l’essor des livres audio. Aujourd’hui, ils occupent une place importante dans l’industrie de consommation (PRH Audio).
  • Lorsque vous faites la promotion de livres audio, vous devez sortir des sentiers battus. Mettez l’accent sur les communautés et les marchés de niche auxquels ne pensent pas toujours les équipes de marketing ou de promotion qui ont l’habitude de promouvoir les ouvrages dans des formats plus traditionnels. Par exemple, les personnes qui font du tricot, les voyageurs d’affaires, les personnes qui jardinent et les cuisiniers sont tous des marchés de niche pour les livres audio. Les personnes qui écoutent des livres audio sont souvent des lecteurs très avides qui apprécient la flexibilité que procure l’écoute d’un livre alors qu’ils font d’autres tâches ou qu’ils travaillent. Trouvez des moyens pour entrer en contact avec eux. Les salons commerciaux sont de bons points de départ (PRH Audio).
  • Assurez-vous que l’on puisse se procurer vos livres dans les bibliothèques publiques. Selon OverDrive, « les livres audio qui se trouvent dans les bibliothèques connaissent présentement une hausse dans les deux chiffres, une croissance fulgurante. »
  • 40 % des lecteurs qui fréquentent les bibliothèques choisissent des livres numériques et des livres audio (OverDrive).
  • La majorité des adeptes des livres audio dans les bibliothèques sont des femmes, âgées de 45 à 54 ans, diplômées en études supérieures, dont le revenu du ménage est supérieur à  75 000 dollars américains, et qui lisent des livres dans tous les formats (OverDrive).
  • Bien qu’on puisse établir un parallèle entre les ventes de livres numériques et celles de livres audio, succès du numérique ne rime pas toujours avec succès de l’audio. Le niveau de prix demeure un enjeu (Tantor Media).
  • Lors d’une étude de cas où des lecteurs ont eu accès à la fois à la version numérique et audio d’un livre, et où on leur offrait la possibilité de choisir entre les deux, 55 % d’entre eux ont choisi de lire l’ouvrage, tandis que 45 % ont choisi de l’écouter (Findaway, parlant de leur application DuoBook).

2017-02-03 | Droits, Événements, Export, Marketing, Nouvelles, Numérique