Distribution de livres en Allemagne

Dans notre dernier billet, nous avons fait un survol du paysage éditorial allemand. Aujourd’hui, nous nous attarderons sur les circuits de distribution en Allemagne et nous étudierons quelques-unes des librairies qui constituent le plus important circuit de distribution du marché.

En Allemagne, la distribution des livres (imprimés et numériques) se répartit entre les circuits de distribution suivants :

  • librairies;
  • grands magasins, notamment Karstadt ou Kaufhof, qui comptent généralement une section « livres » intégrée au rayon de la papeterie;
  • librairies qui font de la vente par correspondance. Habituellement, ce type de librairies n’a pas pignon sur rue. Avant l’avènement de la vente en ligne, elles faisaient l’acquisition de nouveaux clients par l’entremise de publipostage ou de publicité, puis expédiaient les livres imprimés par la poste. Soit ces librairies ne font uniquement que de la vente par correspondance (Weltbild était l’une des plus importantes d’entre elles), soit elles sont affiliées (c’est le cas surtout des librairies spécialisées) à une maison d’édition (livres ou revues);
  • librairies en ligne;
  • ventes directes par les éditeurs;
  • autres points de vente (p. ex., pharmacies pour les livres sur la santé).

En ce qui concerne les librairies, il faut faire la distinction entre les librairies locales et les chaînes de librairies. Il existe également des points de vente situés dans les gares et les aéroports.

En Allemagne, les librairies, toutes catégories confondues, constituent le principal circuit de distribution, avec une part de marché de plus de 50 %. Les librairies traditionnelles se divisent en cinq groupes :

  • chaînes de librairies;
  • librairies régionales avec succursales;
  • points de vente dans les gares;
  • librairies spécialisées;
  • librairies indépendantes.

Jusqu’à récemment, les éditeurs canadiens qui souhaitaient travailler directement avec des librairies allemandes ne pouvaient le faire que par l’entremise d’un importateur. De façon générale, l’achat de livres se fait par l’intermédiaire :

  • des représentants des éditeurs;
  • de commandes effectuées par les librairies à partir des catalogues des éditeurs;
  • de commandes effectuées par les librairies auprès des grossistes (seulement pour les livres commandés par un client de la librairie).

Thalia est la chaîne de librairies la plus importante, avec 220 magasins en Allemagne et 80 en Suisse, représentant un espace de vente de près de 220 000 m2. Rien qu’en Allemagne, les recettes générées par Thalia s’élèvent à quelque 650 millions d’euros. Il existe deux autres grandes chaînes de librairies en Allemagne : Weltbild et Hugendubel. Jusqu’en 2013, celles-ci formaient une société commune du nom de DBH. En 2014, en raison de l’insolvabilité de Weltbild (maison d’édition et entreprise de vente par correspondance et de commerce de livres), la coentreprise a été divisée en deux. Weltbild détenait alors 216 magasins en Allemagne, dont 70 ont été vendus en février 2015. Les recettes de Weltbild en 2014 sont estimées à 450 millions d’euros (y compris celles générées par ses 21 magasins en Autriche et ses 33 magasins en Suisse). Quant à celles de Hugendubel, elles sont évaluées à 390 millions d’euros, générées par 77 librairies et 18 grands magasins gérés par Hugendubel par l’intermédiaire de Karstadt, l’une des deux chaînes de grands magasins en Allemagne.

Quant aux librairies régionales, les plus grandes comprennent :

  • Mayersche (Rhénanie du Nord – Westphalie, Rhénanie – Palatinat) : 40 magasins et des recettes estimées à 160 millions d’euros;
  • Osiander (Baden-Württemberg) : 32 magasins et des recettes de 67,9 millions d’euros;
  • Rupprecht (Bavière, Baden-Württemberg) : 32 magasins et des recettes de 35,3 millions d’euros.

Dans de grandes villes comme Hambourg, Hanovre et Stuttgart, il existe de plus petites chaînes avec des filiales (entre 5 et 15) dont les recettes se chiffrent en moyenne à 30 millions d’euros. À Berlin, le plus gros magasin de vente de livres est Dussmann, un grand magasin qui vend également des CD de musique, des vidéos, de la papeterie et des partitions. Les recettes de Dussmann s’élèvent à 40 millions d’euros, dont 64 % environ proviennent de la vente de livres.

Les points de vente dans les gares sont gérés par quatre sociétés :

  • Valora Retail Germany (près de 170 magasins générant des recettes évaluées à 37 millions d’euros);
  • Schmitt & Co. (80 magasins générant des recettes de 27,3 millions d’euros);
  • LS Travel Retail Germany (94 magasins générant des recettes de 17,3 millions d’euros);
  • Dr. Eckert (200 magasins générant des recettes de 14,2 millions d’euros).

Les librairies spécialisées représentent le quatrième groupe de librairies générant d’importantes recettes. Parmi elles, on trouve :

  • Schweitzer Fachinformationen (26 magasins générant des recettes totales de 190 millions d’euros);
  • Lehmanns (23 magasins générant des recettes de 65,5 millions d’euros);
  • BFD (aucun magasin, uniquement des centres d’assistance, lieux où les acheteurs potentiels peuvent obtenir des conseils sur ce qu’ils devraient acheter, générant des recettes de 49 millions d’euros);
  • Sack (8 magasins générant des recettes de 29,5 millions d’euros).

Au total, les recettes réalisées par ces quatre groupes représentent près de 50 % des ventes totales de livres.

Ces renseignements sont tirés du rapport de Livres Canada Books, Selling Canadian Books in Germany. Vous voulez en savoir plus à propos du marché allemand? Téléchargez le guide complet ici.

2015-09-10 | Droits, Export, Guides de marché