Distribution et vente au Royaume-Uni

Nos prochains billets seront consacrés au marché du livre au Royaume-Uni. Aujourd’hui, nous effectuons un survol de la distribution et de la vente sur ce marché, puis, dans notre prochain billet, nous étudierons en détail le choix d’un distributeur et d’un agent de vente au Royaume-Uni.

Si vous voulez en savoir plus sur le marché du livre au Royaume-Uni, visitez notre site Web qui contient de la documentation sur le sujet. Les renseignements qui suivent sont tirés de notre guide de marché Distribution and Sales in the UK (en anglais seulement).

Il y a quelques années, il aurait été pertinent de recommander de s’adresser à un distributeur – idéalement, un de ceux détenus par un des principaux éditeurs du marché – et à une agence commerciale distincte, ou encore de travailler directement avec une série de représentants multicartes couvrant différentes régions ou différents circuits de vente. Ces options sont encore possibles de nos jours, mais elles sont beaucoup moins attrayantes qu’auparavant vu l’évolution qu’a connue le commerce du livre ces dernières années. En effet, en raison d’un rapprochement entre distributeurs et agents de vente – l’entreprise principale pouvant appartenir à l’une ou l’autre de ces deux catégories –, la solution la plus séduisante désormais est d’établir un lien contractuel unique. Quelques explications sont données dans les paragraphes suivants.

À quelques rares exceptions près, les distributeurs détenus par de grandes maisons d’édition ont eu tendance, ces dernières années, à moins offrir leurs services de distribution à de tierces parties, non pas en raison d’une réticence de leur part, mais plutôt à cause de leurs propres activités. Par exemple, International Thomson Publishing Services, autrefois l’un des principaux distributeurs du marché du livre anglais, a réduit ses activités pour être intégré à Cengage Learning en tant que distributeur interne. De même, l’acquisition de Time Warner par Hachette a entraîné le transfert des activités de distribution de la filiale de Time Warner, Random House, vers celle de Hachette, Littlehampton Book Services. Du coup, cette dernière a mis fin à un certain nombre de contrats de distribution de moindre importance. Quant à l’entreprise Macmillan Distribution, elle est passée de deux entrepôts à un seul.

L’entreprise Grantham Book Services, une filiale de Random House, fait clairement exception à la règle, elle qui offre un service de distribution spécialisé à des compagnies tierces. Cependant, au moment de la rédaction de ce billet, l’enjeu le plus important est de savoir sur quoi va déboucher la fusion entre Random House et Penguin. Il y a fort à parier que leurs deux centres de distribution principaux, The Book Service (TBS), une autre filiale de Random House, mais dédiée, elle, à la distribution des titres de cette maison d’édition, et le centre Rugdy, récemment ouvert par Penguin, feront l’objet d’une gestion commune et que le site de TBS sera certainement celui privilégié pour la distribution des titres du groupe. Les conséquences de cette fusion sur l’avenir de Grantham Book Services en tant que prestataire de services pour d’autres compagnies est matière à spéculation. Il en est de même pour les contrats de distribution des éditeurs indépendants dont le devenir est à la merci d’événements sur lesquels ces éditeurs n’ont aucun contrôle. Dans l’état actuel des choses, il est fort peu probable qu’un éditeur canadien arrive à convaincre un des grands groupes d’édition de lui offrir des services de distribution, et c’est une hypothèse qui est avancée dans notre guide du marché du livre au Royaume-Uni.

De son côté, le secteur privé a fait preuve d’une résistance étonnante. Il n’y a pas si longtemps, il était encore dangereux pour les éditeurs de s’aventurer dans ce secteur qui a connu de multiples faillites et certains ont été échaudés plus d’une fois par les revers de leurs distributeurs. Les temps sont sans conteste encore difficiles. Certains distributeurs étendent leurs activités de distribution à d’autres produits que les livres pour combler le manque à gagner. Cependant, il y a tout de même un flux constant de nouveaux éditeurs, petits pour la plupart, dont beaucoup opèrent dans des marchés de niche et dont beaucoup sont novateurs et prospères. La nature même du marché de l’édition fait en sorte que la plupart de ces éditeurs demeurent petits. Lorsqu’ils se développent, ils risquent d’être engloutis par de grandes entreprises, selon ce qui était prévu dans leur plan d’affaires ou parce qu’ils sont rachetés par d’avides acquéreurs. Mais, les petits éditeurs constituent désormais un solide noyau de l’industrie de l’édition, qui contribue à la bonne santé du marché de l’offre dans ce secteur. La création d’une communauté d’éditeurs indépendants sous l’égide de l’Independent Publishers Guild  a joué un rôle très important et positif dans la place que prennent désormais les petits éditeurs.

On observe davantage de synergies entre les distributeurs et les agents de vente. Dans quelques cas, elles découlent d’une acquisition (p. ex., l’achat de Turpin Distribution Services par l’Eurospan Group), mais, le plus souvent, elles résultent de la décision pragmatique d’offrir une panoplie plus vaste de services par l’intermédiaire d’alliances commerciales gagnantes pour les deux parties.

Essayez-vous de tisser des liens avec des distributeurs ou des agents de vente au Royaume-Uni pour accroître vos ventes dans ce pays? Si c’est le cas, nous aimerions que vous communiquiez avec nous. Faites-nous part de votre expérience sur Facebook ou LinkedIn.

2015-06-15 | Distribution