La conférence Publishing for Digital Minds : Tome 2

En début de semaine, nous vous avons fait un survol de la première partie de la conférence « Publishing for Digital Minds » s’est tenue à Londres. Voici deux autres exposés résumés ci-dessous.

Exposé : Amazon : une étude de cas objective

Conférencier : Charles Arthur

Charles Arthur, journaliste expert en technologies et anciennement rédacteur spécialisé dans le domaine des technologies à The Guardian, s’est déjà entretenu avec Steve Jobs et Bill Gates. Il est vraiment un vieux de la vieille dans le secteur des technologies. En outre, ce n’est pas un éditeur. Par conséquent, il se trouve en position idéale pour évaluer objectivement l’influence exercée par Amazon sur l’industrie de l’édition. Comme pour toute étude qui se veut objective, Charles Arthur s’est penché sur les données pour avoir une idée précise de la situation à évaluer. Il a commencé son exposé en projetant des graphiques retraçant la baisse du nombre des stations-service au Royaume-Uni et des pubs dans les quartiers du centre de Londres. Son but était de montrer que le recul d’un facteur est souvent le reflet d’un changement social, de la formation de nouvelles habitudes et ne signifie pas nécessairement la fin de quelque chose que nous aimions. L’analyse de monsieur Arthur : « L’entreprise Amazon, elle-même, a du mal à composer avec le changement. Elle n’est pas forcément la cause de tous les problèmes dans l’industrie du livre. »

Les ventes internationales d’Amazon plafonnent. Sur la base de son analyse, monsieur Arthur prévoit que la position d’Amazon sur le marché du livre demeurera plus ou moins inchangée : « Amazon ne deviendra pas ce monstre effrayant comme nous le craignions tous. » Pour preuve, l’adoption du Kindle a marqué le pas, les ventes annuelles de cet appareil s’étant stabilisées à 12 millions d’unités depuis 2012. Les ventes de livres numériques, elles aussi, ne progressent plus en raison de leur lien direct avec celles de liseuses électroniques. Le marché étant saturé, la solution consiste à introduire de nouveaux appareils dans l’optique de générer de nouvelles possibilités de ventes de contenu. Malgré l’absence de données chiffrées exactes, monsieur Arthur a fait état d’études indiquant qu’Amazon n’a pas vendu plus de 35 000 Fire Phones, ce qui est très peu. « La force d’Amazon ne réside pas dans le matériel, et les livres numériques ainsi que les appareils de lecture atteignent un plafond naturel, ce qui laisse à penser que la position d’Amazon demeurera essentiellement inchangée par rapport à celle que l’entreprise occupe aujourd’hui. »

Exposé : Technologie éducative : leçons à tirer  

Président : Ben Barton

Participants : Jim Riley, Tutor2U; Michael McGarvey, Cambridge University Press; Steve Connolly, Hodder Education

La technologie éducative est un domaine vraiment en plein essor. LinkedIn vient juste d’acheter Lynda.com, site d’apprentissage en ligne, pour 1,5 milliard de dollars. Cette acquisition est la plus importante de LinkedIn à ce jour, ce qui laisse entrevoir la valeur des plateformes d’apprentissage de qualité. Selon Ben Barton, la technologie éducative fait totalement partie de l’air du temps : « les gens ont tout simplement soif d’apprendre. »

Trois vieux briscards de la technologie éducative donnent leurs conseils pour se frayer un chemin dans ce secteur en croissance.

Steve Connolly a fait écho au thème du jour en insistant sur le fait que la technologie devrait être traitée comme un moyen et non comme une fin en soi. Elle devrait être utilisée pour donner accès à du contenu de qualité et ne devrait jamais rendre ce dernier compliqué. Elle devrait être facile d’apparence et facile à utiliser. D’expérience, Steve Connolly explique que les enseignants, les principaux consommateurs de technologie éducative, ne sont pas disposés à prendre le temps nécessaire à l’apprentissage de quelque chose de complexe, car les livres papier s’avéreront toujours plus simples à utiliser.

Michael McGarvey conseille aux débutants de se montrer réalistes et d’envisager de nouer des partenariats susceptibles de les faire bénéficier d’une expérience qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes. Par ailleurs, il recommande d’adopter l’état d’esprit d’une jeune entreprise : « Lancez votre produit sur le marché, puis recueillez les commentaires pour ensuite l’améliorer. Oubliez le modèle linéaire de production. »

Quant à Jim Riley, il est d’avis qu’il est primordial de se distinguer par son positionnement si l’on veut se faire une place sur ce marché de plus en plus encombré. Votre objectif devrait être de créer une authentique relation avec votre public cible.

En résumé :

  • Gardez votre produit simple.
  • L’analytique est la base d’un bon produit.
  • Les partenariats sont vos meilleurs amis.
  • Changez votre état d’esprit – le produit n’a pas besoin d’être parfait lors de son lancement.
  • Adoptez un positionnement et une identité clairs et authentiques.
  • Concentrez-vous en priorité sur les clients et non sur les utilisateurs. Ces derniers ne sont pas source de revenus.

2015-05-15 | Événements, Numérique