L’édition numérique au Canada : comment se porte aujourd’hui ce secteur ?

BookNet Canada a révélé au cours des derniers mois les résultats de son troisième sondage annuel sur l’état de l’édition numérique au Canada anglais pour 2015. Comment se porte ce secteur ? Bien, si l’on se fie aux données rapportées démontrant que les éditeurs sont activement engagés dans le développement de contenu numérique.

Malgré le recul du marché des livres numériques aux États-Unis et au Royaume-Uni en 2015, une large proportion d’éditeurs (87 %) a produit des livres numériques dans le but d’augmenter les ventes, de répondre à la demande des consommateurs et d’améliorer l’accessibilité, révèle le sondage auquel ont répondu 55 maisons d’édition.

On y apprend que davantage d’éditeurs publient des formats numériques parallèlement aux formats imprimés (67 %) et que près du tiers d’entre eux ont numérisé plus des trois quarts de leurs livres de fonds.

Malgré l’engouement pour le numérique, les données démontrent que le personnel qui y est dédié est en baisse depuis 2013. Cette tendance pourrait cependant s’expliquer par l’harmonisation des activités numériques et imprimées dans plusieurs maisons d’édition selon BookNet Canada.

La production et la numérisation demeurent une priorité

En 2015, les éditeurs ont numérisé un nombre beaucoup plus important de livres jeunesse selon les données obtenues. Trente-deux pour cent ont dit avoir numérisé l’éventail de leurs collections jeunesse en 2015 comparativement à seulement 14 % l’année précédente.

La production de livres numériques non-enrichi a fait un bond important passant de 35 % à 57 %,  surtout par des entreprises dans le domaine de l’éducation et de la formation. Les plateformes privilégiées pour le développement de livres numériques non-enrichi est demeuré similaire avec le iPad en tête de liste (76 %) suivi du Kindle Fire (52 %), du Kobo (38 %) et d’OverDrive (35 %).

Davantage d’éditeurs choisissent désormais d’offrir des ensembles de livres numériques et imprimés (14 %), un léger bond depuis 2014. Il est intéressant de noter que la plupart le font sans imposer de frais supplémentaires, malgré un autre sondage révélant la volonté des consommateurs de payer plus cher pour ce genre d’ensembles.

Le système de gestion des ressources numériques continue d’avoir la cote

En ce qui concerne la création de contenus numériques originaux, le nombre d’éditeurs y consacrant des ressources a légèrement baissé, s’établissant à 29 % en 2015. La même tendance peut être observée pour la création de livres numériques enrichis. Pour la première fois, BookNet a interrogé les éditeurs au sujet des fonctions d’accessibilité des livres numériques et 51 % ont révélé ajouter certaines fonctions comme l’aide à la navigation ainsi que des graphiques, supports audio et vidéo intégrés.

Le sondage révèle aussi que les plus grandes maisons d’édition continuent leurs efforts pour développer des applications mobiles. Soixante-dix pour cent ont indiqué créer cinq applications ou moins tandis que 10 % ont dit en créer plus de 20, un nombre en légère hausse comparativement à 2014.

Interrogés sur EPUB 3, plus de la moitié des éditeurs ont dit prévoir progresser vers la plateforme lorsque les fabricants d’appareils mobiles l’auront largement adoptée. Un large pourcentage d’éditeurs demeure cependant incertain quant à la transition probablement en raison du flou entretenu par les fabricants au sujet des capacités et de leurs plans EPUB 3.

En revanche, les systèmes de gestion des ressources numériques (DAM) continuent d’avoir la cote alors que 64 % des éditeurs de petite et moyenne tailles les utilisent pour la vente de livres numériques. eBOUND Canada demeure le plus populaire, suivi d’Ingram.

Les services d’abonnement gagnent en popularité

Malgré tous les efforts des éditeurs, moins de livres numériques se sont retrouvés entre les mains des consommateurs en 2015 (73 % comparativement à 88 % en 2014) selon le sondage. Ces données pourraient cependant s’expliquer par le fait que davantage d’éditeurs ont choisi de numériser leurs livres de fonds ou encore par manque d’accessibilité, de métadonnées ou de disponibilité dans les formats recherchés par les consommateurs.

La vente au détail est encore l’option privilégiée de 93 % des éditeurs pour le livre numérique tandis que 43 % procèdent à l’aide de sites Web ou de ventes directes. Ces données sont demeurées constantes depuis 2013.

Fait intéressant, les ventes par le biais de services d’abonnement ont grimpé significativement en 2015. Le tiers des éditeurs emploie ces services comparativement à 19 % en 2014.

Ces derniers semblent également employer différents modèles de prix et tendent à privilégier les modèles suivants : ventes directes (74 %), agences (55 %) et prêts (11 %). Ce phénomène peut aussi être constaté auprès des librairies alors que 19 % des répondants ont indiqué y vendre à un «autre prix». Un plus grand nombre d’éditeurs effectue des ventes auprès des librairies, représentant une hausse de 15 % depuis 2013. OverDrive demeure également le principal fournisseur de livres numériques auprès de 78 % des éditeurs.

Pour la majorité des éditeurs (67 %), les ventes numériques représentent entre 1 et 10 % de leurs revenus alors qu’elles grimpent jusqu’à 11 à 20 % pour 12 % d’entre eux.

2016-11-28 | Numérique