L’événement « The Markets » à la Foire du livre de Francfort (deuxième partie)

Il y a quelques semaines, nous avons assisté à l’événement « The Markets », organisé par la Foire du livre de Francfort et Publishing Perspectives. Jusqu’ici, nous avons parlé de deux séances parmi celles qui étaient consacrées à l’Indonésie, le pays invité d’honneur de cette édition de la foire. Aujourd’hui, nous sommes de retour pour vous donner un aperçu sur deux autres marchés émergents, le Mexique et la Chine.

Mexique

Présenté tout récemment à titre de marché à explorer lors de l’édition 2015 de la Foire du livre de Londres, le secteur mexicain du livre attire l’attention et suscite de plus en plus d’intérêt à l’échelle internationale. C’est un marché que l’on a envie de connaître davantage. C’est pourquoi Livres Canada Books publiera un guide de marché sur le Mexique en 2016 afin d’offrir aux éditeurs canadiens un meilleur aperçu des débouchés d’exportation vers ce marché.

Lors de l’événement « The Markets », les projecteurs se sont tournés vers le Mexique, dans un premier temps, à l’occasion de l’exposé de José Ignacio Echeverria, président de Cámara Nacional de la Industria Editorial Mexicana (Chambre nationale des éditeurs mexicains) durant lequel il a fait un survol du marché mexicain. Par la suite, Nubia Macías, directrice générale de Grupo Planeta, est allée encore plus loin avec son exposé intitulé « The Global Future of Mexican Publishing » (Avenir mondial de l’édition mexicaine) qui consistait en une analyse des cinq questions fondamentales à se poser pour avoir une bonne vision de l’industrie mexicaine. En tant que directrice générale du bureau pour l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale de Grupo Planeta, la plus grande maison d’édition en langue espagnole du monde, madame Macías a fourni de précieux renseignements en énonçant cinq questions essentielles auxquelles les éditeurs doivent répondre s’ils veulent se tailler une place sur le marché mexicain :

Qui sont les lecteurs d’aujourd’hui ?
Madame Macías mentionne que les éditeurs doivent repérer et définir les diverses niches commerciales parmi les lecteurs mexicains afin de tirer avantage de la diversité de ce marché. En tant que deuxième marché en importance de l’Amérique latine, le Mexique offre de multiples occasions d’affaires qui ne demandent qu’à être exploitées. Les éditeurs ne doivent pas avoir peur d’utiliser de nouvelles méthodes de recherche pour trouver des niches commerciales précises pour leurs produits.

Où se trouvent les lecteurs et comment sont-ils regroupés ?
Les livres jouent un rôle capital dans l’expérience culturelle. Ils contribuent à enrichir la culture, qui se diversifie de jour en jour. Selon madame Macías, le rôle de l’éditeur est de comprendre où se situent les lecteurs, puis d’aller au-devant d’eux et de nouveaux publics de façon créative. Parallèlement, elle mentionne que, pour réussir, les éditeurs doivent apprendre à connaître les consommateurs en faisant des recherches et en utilisant des outils en ligne pour s’adresser au marché. Pour saisir avec précision les véritables préférences des lecteurs, les éditeurs doivent créer des produits qui toucheront les lecteurs de façon concrète. Madame Macías soutient également que la meilleure façon pour les éditeurs de tirer profit de tous les renseignements que l’on peut récolter par l’intermédiaire de méthodes de marketing en ligne est de partager les métadonnées entre les sociétés et les frontières. Savoir et coopération sont synonymes de capacité.

Quel contenu les intéresse ?
Afin de découvrir quel type de contenu intéresse les lecteurs, il faut exploiter la puissance des médias sociaux. Avant de savoir exactement ce que nous pouvons offrir à nos lecteurs et comment nous y prendre, il faut d’abord connaître leurs intérêts et leurs habitudes. Twitter et Facebook sont des moyens d’accéder à ces renseignements, et nous, en tant que professionnels de l’édition, nous devons utiliser les outils à notre disposition.

À quel type de contenu l’industrie doit-elle faire face aujourd’hui ?
Il existe de nouvelles communautés de lecteurs qui ne sont pas encore pleinement exploitées et qui méritent qu’on s’intéresse à elles. YouTube, les jeux en ligne et Wattpad sont des groupes dans lesquels les éditeurs mexicains devraient s’introduire en vue de trouver de nouveaux lecteurs. De nos jours, presque tout le monde à une vie numérique. Nous devons prêter attention aux consommateurs de ces nouvelles sphères de contenu et être à l’écoute de leurs besoins si nous voulons réussir.

Comment peut-on offrir notre contenu à ces nouvelles communautés de lecteurs ?
Madame Macías a défini trois grandes façons d’amener ces consommateurs de contenu à lire nos livres :

  • Exporter le contenu : Nous vivons dans un monde de plus en plus globalisé. S’ils veulent faire partie de ce monde, les éditeurs doivent faire tomber les frontières traditionnelles en veillant à traduire leur contenu.
  • Changer de paradigme : Les éditeurs doivent cesser de considérer les commerces de détail comme les consommateurs finaux et revenir à l’élément important : les lecteurs. Ce sont à eux que tout éditeur devrait s’adresser en priorité, tous formats confondus, et nous devons publier des produits qui méritent leur attention.
  • Nouveaux produits : Nous devons nous intéresser à la génération Y. Étant la première génération à avoir grandi dans un monde numérique, elle marque le début d’un nouveau type de consommateurs. S’ils veulent avoir une chance de réussir, les éditeurs doivent aller au‑devant d’eux et comprendre leurs motivations.

Chine

Il ne fait aucun doute que la Chine est devenue, au cours de la dernière décennie, un des acteurs principaux du marché mondial de l’édition. Des entreprises telles que HarperCollins, Penguin et Hachette ont installé des bureaux régionaux en Chine, et ce pays peut s’enorgueillir aujourd’hui de compter deux des dix plus importants éditeurs au monde : Phoenix Publishing et China South Publishing and Media. La Chine a suscité un véritable intérêt à « The Markets », et l’exposé de monsieur Hou Minglang, intitulé « How to Establish a Successful Joint Venture in China » (Comment établir une coentreprise avec succès en Chine) a attiré une foule considérable. Actuellement vice-président de l’International Information Content Industry Association (ICIA), monsieur Hou est un pionnier en matière de création de coentreprises chinoises vouées à la réussite. Ancien administrateur délégué d’Egmont China, une coentreprise dans le domaine de l’édition connue comme étant la première en Chine et celle qui connaît la plus grande réussite à ce jour, monsieur Hou a mentionné les points importants pour réussir sur le marché chinois.

Il a expliqué qu’à la base le succès d’une coentreprise réside dans l’atteinte d’un équilibre parfait entre les bonnes personnes et les bonnes circonstances. « 1+1 est plus grand que 2 » a‑t‑il mentionné, en faisant allusion au fait que la force dans le secteur de l’édition réside souvent dans la coopération et la connaissance du marché, plutôt que dans le capital. Il a également souligné l’importance d’avoir une marque solide, et, encore plus important, d’avoir une notoriété dont on est conscient, et d’être capable de réagir rapidement face aux lacunes du marché. Selon monsieur Hou, la clé pour établir avec succès une coentreprise est d’être le premier sur le terrain. Sinon, vous risquez de sortir perdants face à la concurrence.

Selon monsieur Hou, l’une des choses les plus néfastes qui puissent arriver lors de la création d’une coentreprise est une bataille concernant le pouvoir de décision. Pour réussir, les entreprises doivent chercher à mettre sur pied une équipe où règnent un esprit de collaboration et un climat de confiance, et suivre un plan d’action clair. Si l’on a une équipe solide, des règles et des paramètres clairs pour guider le processus, et un solide plan à long terme, les possibilités de réussite sur le marché chinois sont nombreuses.

2015-11-12 | Droits, Événements, Export, Foires du livre