L’événement « The Markets » à la Foire du livre de Francfort 2017 (première partie)

Comment le rythme effréné de la mondialisation est-il en train de transformer les marchés internationaux du livre ? Telle était la question centrale qui a servi de dénominateur commun aux divers exposés présentés lors de la conférence « The Markets » du mois dernier dans le cadre de la Foire du livre de Francfort. Conçu en partenariat avec Publishing Perspectives à la veille du plus grand événement commercial de l’industrie de l’édition, le thème de la conférence de cette année est demeuré axé sur la mondialisation de l’édition au 21e siècle. Pour reprendre les propos du conférencier d’honneur Andrew Wiley, nous vivons à une époque où les lecteurs de demain peuvent se trouver n’importe où dans le monde et la technologie peut être utilisée pour accélérer ou pour ralentir la production de contenus.

Fidèles à la thématique de la conférence, qui proposait une vue panoramique du changement (« Change – A 360 Degree View »), de nombreuses présentations ont abordé des questions telles que la langue, le multilinguisme et le rôle de la traduction; l’importance de ralentir pour produire de meilleurs contenus et améliorer les relations entre les auteurs et les éditeurs; la nécessité de favoriser la stabilité et la croissance face à une conjoncture politique et économique incertaine; l’intérêt toujours grandissant de la technologie, dont les livres numériques et audios; et le rôle de plus en plus central que joue la diversité dans le secteur de l’édition. Les défis et les opportunités qui s’offrent aux éditeurs dans ce climat ont été illustrés par l’expérience et le savoir-faire d’acteurs clés des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est.

Pour les lecteurs qui n’ont pas pu y assister, nous avons fait une récapitulation de certaines de nos séances préférées de la journée, que nous afficherons au cours des prochaines semaines. Nous espérons que vous aurez du plaisir à les découvrir.

 

Défis et opportunités en des temps incertains

L’un des thèmes au premier plan des interventions d’experts des États-Unis et du Royaume-Uni sur le marché était la façon dont l’industrie de l’édition est confrontée à un changement politique sans précédent. Katie Espiner, directrice générale du groupe Orion Publishing Group du Royaume-Uni, a parlé de l’importance de contrebalancer les scénarios les plus défaitistes avec un examen clair du marché britannique de l’édition dans la foulée du récent référendum sur le Brexit.  Andrew Wiley, agent littéraire bien connu et président de l’Agence Wylie aux États-Unis, a rappelé pour sa part que, malgré la tournure que la pensée idéologique a récemment prise dans son pays, les lecteurs recherchent de plus en plus une vision mondialisée des choses.

Andrew Wiley a inauguré la journée par une discussion sur la mondialisation, proposant diverses optiques aux lecteurs et leur rappelant l’importance de « voir les choses différemment en voyant différentes choses ». Il a ensuite décrit le rôle que des marchés inexploités comme l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient peuvent jouer pour créer un lectorat et une culture littéraire véritablement mondiale. Contrairement aux propos qui voient dans la mondialisation un agent de changement effréné, il a souligné l’importance de prendre le temps de connaître les marchés étrangers pour découvrir les auteurs qui réussissent déjà localement et s’organiser pour que les traducteurs puissent apporter ces œuvres à des publics anglophones. Malgré les changements politiques qui sont en cours aux États-Unis, M. Wiley a rappelé que la diversité est un attribut de la condition humaine et qu’il est nécessaire d’apporter des histoires plus diverses aux lecteurs.

Plus tard dans la conférence, Katie Espiner, qui a travaillé avec des maisons d’édition telles que HarperCollins et Penguin Random House, a parlé des défis et des opportunités dans l’industrie britannique de l’édition. Dans sa présentation, Mme Espiner a voulu donner une image équilibrée du marché du livre du Royaume-Uni depuis le vote en faveur de quitter l’Union européenne. Elle a précisé que le marché avait perdu de sa stabilité en raison des fluctuations de la devise britannique, des coûts de production et  tarifs plus élevés, de la diminution du financement de l’Union européenne pour les projets d’édition et de traduction et de la possibilité de voir durcir les frontières territoriales au sein même du Royaume-Uni. Elle a néanmoins fait valoir que les maisons d’édition et les grands centres industriels de la région s’étaient massivement prononcés pour rester dans l’Union européenne, qu’ils sont toujours actifs dans le monde entier et ouverts tant sur le plan des marchés que de la diversité, et qu’ils voient leurs opportunités se multiplier au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. De plus, Mme Espiner a souligné que les résultats du référendum sur le Brexit ont révélé que la confiance du public envers les experts au Royaume-Uni demeure élevée et que le climat actuel offre aux éditeurs l’occasion de renforcer cette confiance.

Pour en savoir plus sur les marchés des États-Unis et du Royaume-Uni, consultez nos  guides de marché à l’intention de l’industrie.

2017-11-30 | Droits, Événements, Export, Foires du livre, Marketing, Nouvelles, Numérique