L’événement « The Markets » à la Foire du livre de Francfort 2017 (première partie)

La Corée représente un marché considérable pour l’importation et la traduction de livres canadiens. Les éditeurs canadiens doivent choisir la stratégie qui s’avère la plus appropriée pour se lancer sur ce marché : exporter leurs ouvrages ou octroyer des licences pour la publication de leurs livres sur ce marché. Le marché de la traduction représente environ le double du marché de l’importation (respectivement 21 % contre 9,5 %), mais qui dit potentiel plus important dit aussi obstacles plus importants.

Dans l’article d’aujourd’hui, nous vous proposons un dernier extrait de notre guide de marché intitulé Selling Canadian Books in Korea: A Guide for Canadian Publishers, dans lequel les experts Tony Michell et Darwin Shim présentent des occasions et des recommandations précises pour percer ce marché.

Contenu avec une vision internationale : les éditeurs coréens pensent que les livres en provenance des États-Unis ou du Royaume-Uni sont plus faciles à commercialiser que les ouvrages canadiens. En effet, ces derniers sont souvent perçus comme étant trop portés sur des sujets à caractère national ou du contenu régional, ce qui restreint leur potentiel commercial en Corée. Par conséquent, il sera plus facile de promouvoir la commercialisation de livres canadiens qui revêtent un caractère plus international ou universel. Plus précisément, les manuels universitaires ou les œuvres non romanesques grand public qui mettent l’accent sur des enjeux nationaux peuvent s’avérer plus difficiles à commercialiser en Corée.

Marché du savoir : le Canada jouit d’une excellente réputation et est reconnu par les Coréens comme une destination d’excellence sur le plan de l’éducation. Par contre, cet attrait pour la poursuite d’études dans une école canadienne s’est quelque peu estompé au cours des dernières années en raison d’une hausse du coût de la vie et d’un taux de change défavorable. Néanmoins, le Korea Educational Statistics Service place le Canada au 2e rang des destinations les plus populaires chez les élèves de niveau secondaire, en 2016. Les éditeurs canadiens ont la possibilité de tirer profit de la réputation du Canada en matière d’excellence en éducation. Cela est particulièrement pertinent pour le matériel pédagogique de langue anglaise.

Livres importés : la communication est essentielle pour garantir le succès d’une entreprise à l’international. Les exportateurs éventuels sont invités à amorcer la communication avec d’éventuels distributeurs afin d’évaluer leurs compétences à cet égard (rapidité, pertinence et exhaustivité de leur réponse). Une liste des publications proposées ainsi que le profil de chaque ouvrage devraient être remis aux distributeurs visés. L’historique de rendement du livre sur d’autres marchés intéressera notamment les distributeurs. Bien que le succès d’un livre sur le marché local soit un facteur important, une exportation réussie vers d’autres marchés asiatiques, notamment le Japon, pourrait laisser présager un succès en Corée. Il est fortement recommandé de se rendre en personne en Corée afin d’y rencontrer les représentants du distributeur et d’être à même de constater les compétences de l’entreprise avant d’officialiser un contrat.

Octroyer des droits de traduction : les démarches à suivre pour tisser des liens dans le but d’octroyer des droits sur des livres pour l’édition locale s’apparentent à celles pour la distribution. Cependant, les éditeurs qui souhaiteraient octroyer des droits de traduction doivent déterminer s’ils feront affaire avec un sous-agent ou s’ils travailleront directement avec un éditeur. Bien que les sous-agents ouvrent les portes vers de nombreux éditeurs, leur travail doit être rétribué, et les résultats dépendent de leurs aptitudes. D’un autre côté, les éditeurs coréens cherchent de plus en plus à travailler directement avec des éditeurs étrangers. Quoi qu’il en soit, à l’instar de l’exportation, il faut faire les mêmes démarches pour établir un dialogue, et une rencontre en personne lors d’une foire du livre ou une visite sur place est tout aussi nécessaire.

Qualité de la traduction : une mauvaise traduction peut gravement entacher la réputation d’un auteur et peser sur les ventes d’un livre. La qualité des services de traduction est très variable en Corée. C’est pourquoi les éditeurs canadiens sont invités à participer au choix du traducteur. Quatre-vingt-quatorze pour cent des livres traduits contiennent des erreurs de traduction, et, dans quelque 50 % des cas, ces erreurs n’auront pas été corrigées dans les éditions subséquentes.

Selon le président-directeur général de la School of Humanities, la Corée continue cette malheureuse pratique qui consiste à traduire du japonais au coréen, plutôt qu’à partir de la langue d’origine. Pour les traducteurs, le marché est biaisé au profit de la traduction à partir du japonais, l’une des langues les moins dispendieuses à traduire. Le livre Le petit prince  d’Antoine de Saint-Exupéry illustre ce constat. Cet ouvrage comprend toujours de nombreuses erreurs de traduction qui ont été transposées à partir de la traduction du japonais, notamment le mot « bélier » qui est traduit par « chèvre ».

Pour en savoir davantage à propos du marché du livre coréen, notamment obtenir de précieux renseignements sur la façon de donner de la visibilité à vos livres, de trouver des agences et d’obtenir les coordonnées d’éditeurs, ainsi que des informations sur les événements promotionnels locaux, vous pouvez téléchargez le guide complet.

2017-11-23 | Distribution, Export, Guides de marché, Programmes