Livres canadiens, de grands voyageurs : Marc Haentjens

Qui soutient les livres canadiens à l’étranger ? Dans cette nouvelle série d’entrevues, nous rencontrons des éditeurs canadiens qui exportent et nous leur demandons quels sont les défis et les bienfaits liés à la promotion de titres canadiens sur les marchés internationaux. Marc Haentjens nous parle des moyens de promouvoir les livres canadiens à l’étranger.

1. Qui êtes-vous et que faites-vous ?

Les Éditions David existent depuis une vingtaine d’année et s’efforcent de soutenir à Ottawa (à l’extérieur du Québec) une structure d’édition francophone faisant une large place à la littérature.

2. Décrivez, en une phrase, votre programme d’édition.

La maison d’édition publie une vingtaine de titres par année, comprenant des romans, des romans pour adolescents, de la poésie et quelques essais.

3. Quel titre est le plus gros vendeur chez vous ? Selon vous, qu’est-ce qui fait que ce titre est un succès à l’étranger ? De façon générale, quelle est la clé de la réussite à l’étranger ?

Nos plus gros vendeurs, à l’exception de quelques titres  « hors collection », sont nos romans pour adolescents, publiés dans notre collection 14/18.  Quelques romans pour adultes connaissent à l’occasion du succès, mais il est plus difficile de les faire valoir à l’intérieur de la production  globale. À vrai dire, nous n’avons pas encore connu de succès à l’étranger, mis à part quelques romans pour adolescents commercialisés en format numérique.

4. Quels sont vos principaux marchés d’exportation ? À votre avis, qu’est-ce qui rend ces marchés compatibles avec les livres que vous publiez ?

Les principaux marchés que nous visons sont les marchés francophones, et en premier lieu la France, la Suisse et la Belgique. Cet intérêt repose bien sûr sur la langue dans laquelle nous publions nos livres. Nous croyons aussi que la réalité (canadienne et nord-américaine) où nous nous inscrivons peut trouver un écho chez les lecteurs de ces trois pays.

5. Nommez un des livres que vous aimeriez faire connaître sur le marché des droits à l’étranger. En ce moment, quels titres votre maison d’édition est-elle impatiente de promouvoir ?

Nous aimerions bien faire connaître certains titres de notre collection 14/18, dont une série en trois tomes écrite par Louise Royer qui connaît ici, depuis la parution du premier tome, iPod et mijupe au 18e siècle, un très beau succès, commercial et critique.

Nous aimerions aussi promouvoir une série policière qui se déroule à Vancouver et dont le premier tome est déjà paru sous le titre Terreur dans le Downtown Eastside (Jacqueline Landry).

6. Citez quelques-uns des plus grands défis que vous avez à relever lors de la promotion de vos livres sur les marchés internationaux.

Le premier défi, c’est certainement la notoriété. Dans le domaine littéraire, en fiction ou en poésie, ce qui fait le succès d’un livre, c’est d’abord son auteur. Faire découvrir un livre d’un auteur inconnu, dans un marché déjà saturé de livres et d’auteurs de renom, ça reste éminemment difficile.

Le deuxième défi, c’est la distribution. Comment faire en sorte que nos livres soient accessibles sur des marchés géographiquement très éloignés du nôtre ? Le livre numérique change un peu les choses, mais pas encore assez.

7. Quel est votre événement préféré, en lien avec le monde du livre, à l’extérieur du Canada ?

Notre expérience en ce domaine est tout de même limitée. Mais je dirais personnellement la Foire du livre de Bruxelles, pour le cadre dans lequel a lieu l’événement (Tours et Taxis) mais aussi pour l’accueil très chaleureux que nous font les Belges.

8. Si vous aviez un livre canadien à recommander à un lecteur étranger, quel serait-il ?

Un de nos romans bien sûr. Je lui recommanderais L’eau de vie (Uisge beatha) de Daniel Marchildon, une formidable saga qui survole l’histoire du whisky (uisge) depuis le nord de l’Écosse, au 15e siècle, jusqu’à la Baie georgienne, au bord du Lac Huron, à la fin du siècle dernier.

Si j’en avais un deuxième à lui recommander, ce serait Depuis toujours j’entendais la mer, d’Andrée Christensen, un roman également magnifique qui se déroule, lui, dans les brumes de la mer du Nord.

Tous les deux ont d’ailleurs été réédités dans notre collection Format Poche.

2015-09-22 | Entrevue, Export