Maison d’édition et galerie-boutique : Entrevue avec Frédéric Gauthier de La Pastèque

Les éditeurs sont souvent à la recherche de nouvelles manières d’attirer les consommateurs, que ce soit par exemple en produisant des livres audio novateurs ou en vendant leurs ouvrages dans des machines distributrices dans un aéroport. Les éditions de La Pastèque, à Montréal, ont mis au point une stratégie unique pour intéresser un plus large public, transformant leurs bureaux en une petite galerie-boutique, combinant leur espace de travail avec une salle d’exposition et un lieu pour la tenue d’événements. Pour en savoir plus au sujet de cette approche intrigante et de ses avantages pour les médias, la collectivité et les auteurs, nous avons demandé au cofondateur de la maison d’édition, Frédéric Gauthier, de commenter le projet.

 

Qui êtes-vous et que faites-vous ?

Frédéric Gauthier, cofondateur de La Pastèque et éditeur.

 

Décrivez, en une phrase, votre programme d’édition.

Nous éditons des livres d’images en bande dessinée et des livres jeunesse qui misent sur la plus haute qualité graphique et narrative.

 

Décrivez votre nouveau projet. Comment ce projet est-il né ?

Cela faisait déjà quelques années que nous souhaitions avoir pignon sur rue. Le timing était donc idéal pour nous de le faire en cette année anniversaire de nos 20 ans. Le but du projet est de mettre en lumière nos créateurs grâce à la galerie. Le volet boutique sert plutôt de showroom pour notre production, et nous permettra de développer petit à petit des produits dérivés en collaboration avec nos créateurs. Il y a également des espaces d’atelier qui sont partagés avec trois de nos artistes. De plus, cette galerie-boutique se voudra un lieu de convergence pour tous nos événements : lancements, conférences, rencontres et autres.

 

Quelle a été votre stratégie de commercialisation ? Quel rôle, le cas échéant, l’environnement numérique a-t-il joué ?

Nous élaborons des projets satellites qui vont accompagner nos livres dans une perspective commerciale et créative. Nous avons par exemple élaboré le projet Tout garni, une œuvre expérimentale numérique qui nous a permis de développer un réseau de contacts et une expertise dans le domaine. Cette approche nous a menés à lancer une division de production, et déjà trois projets sont en cours d’élaboration. Il s’agit de prendre en main nous-mêmes ce développement afin de garder le contrôle de l’aspect créatif de ces initiatives. Cela renforce grandement notre relation de proximité avec nos créateurs dans une perspective plus large. Nous avons toujours tenté de mettre en place des façons créatives de bâtir nos campagnes commerciales en ayant une attitude proactive pour démarcher des partenaires. Par exemple, le projet pour nos 15 ans en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.

 

À votre avis, est-il important de trouver de nouvelles façons d’atteindre les lecteurs ? Avez-vous atteint de nouveaux lecteurs ?

Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles façons de rejoindre nos lecteurs. Depuis nos débuts, nous sommes actifs sur différents fronts, qui ne sont pas naturels pour les gens du livre. On a par exemple participé à toutes les éditions du souk @ sat, qui met en valeur le design local et innovant, et qui au début n’accueillait aucun autre éditeur. C’est la même approche qui nous a menés à développer le projet Tout garni l’an passé, notre grand projet numérique en collaboration avec le studio de création DPT et 12 de nos illustrateurs. Ces initiatives finissent par atteindre de nouveaux lecteurs, qui entendent parler de nous par des voies différentes et atypiques.

 

Cette galerie-boutique vous a-t-elle permis de mettre sur pied d’autres activités de commercialisation ? Avez-vous planifié d’autres initiatives de commercialisation ?

Nous explorons plusieurs options commerciales concernant de possibles collections de papeterie, d’affiches à tirages limités et autres objets dérivés. Mais nous voulons le faire par étape, très progressivement, question de bien apprivoiser notre public en boutique.

 

Quels types de visiteurs recevez-vous ?

Nous avons nos fidèles qui suivent La Pastèque, des résidents du quartier et beaucoup de touristes.

 

De quelle manière la galerie-boutique a-t-elle transformé votre quotidien au bureau ? Comment le personnel a-t-il réagi à la mise sur pied de cette boutique ? Et les auteurs ? Et les visiteurs ?

La réaction à l’interne est très bonne. Ça ne change pas trop notre quotidien, ça le bonifie en permettant une relation de proximité avec des lecteurs, et on peut évaluer très rapidement la perception des gens quant à nos idées.

 

À ce jour, quels sont les avantages d’avoir une telle boutique ?

La visibilité, le contact avec les lecteurs, l’ouverture et l’établissement de nouveaux partenariats, ainsi que prendre part à la vie de notre quartier.

 

Pouvez-vous citer quelques-uns des plus grands défis que vous avez eu à relever lors de l’exécution de ce projet ?

Un des défis était de bien organiser l’espace pour permettre à tous les « résidents » d’être à l’aise, dans le contexte où nous sommes ouverts au public. L’espace qui bénéficie de deux mezzanines est idéal et permet d’avoir des îlots plus calmes pour y travailler.

2018-06-26 | Entrevue