Occasions d’affaires au Japon pour les éditeurs de matériel d’enseignement de l’anglais

Ces derniers temps, nous avons consacré plusieurs articles de ce blogue au marché du livre japonais. Nous vous invitons à jeter un coup d’œil à notre billet traitant de l’entrée sur ce marché. Aujourd’hui, nous présentons quelques occasions d’affaires au Japon pour les éditeurs de matériel d’enseignement de l’anglais. Curieux d’en savoir plus sur le marché du livre japonais? Téléchargez notre rapport intitulé « Selling Canadian Books Into Japan » (en anglais seulement).

Au Japon, l’enseignement de l’anglais génère un chiffre d’affaires annuel qui se compte en milliards de dollars, et c’est là que réside l’enjeu pour les éditeurs canadiens. Les sommes d’argent que représente l’ensemble de cette industrie attirent un large éventail de participants : des éditeurs traditionnels, des écoles de langue privées qui créent leur propre matériel d’enseignement, des entreprises spécialisées dans les examens et les tests de connaissances, ainsi que des entreprises du domaine des technologies de l’information qui proposent des systèmes d’apprentissage en ligne.

Le système scolaire au Japon

Les écoles primaires (six années d’études, de 6 à 12 ans) : depuis 2004, divers programmes ont été instaurés pour introduire l’apprentissage de l’anglais dans les écoles primaires. Des propositions sont régulièrement avancées visant à renforcer les exigences pour ce groupe d’âge. Il n’existe actuellement aucun programme national, et peu d’écoles primaires comptent parmi leur personnel des enseignants qualifiés pour enseigner l’anglais. Par conséquent, l’enseignement de cette langue à ce niveau est le plus souvent confié à des entreprises privées qui ont tendance à créer leur propre matériel d’apprentissage.

Les écoles secondaires – premier cycle (trois années d’études, de 12 à 15 ans) : l’anglais est obligatoire dans ces écoles qui ont leurs propres professeurs d’anglais. Le matériel d’enseignement de l’anglais est fourni par la commission scolaire (c’est-à-dire sur une base régionale) aux écoles publiques.

Les écoles secondaires – deuxième cycle (trois années d’études, de 15 à 18 ans) : l’anglais est obligatoire pour les élèves en première année de deuxième cycle, et nombreux sont ceux qui poursuivent l’apprentissage de cette langue au cours de leurs deux années d’études suivantes. Le matériel d’enseignement de l’anglais est fourni par la commission scolaire dans les écoles publiques et au cas par cas dans les écoles privées. (À noter que le pourcentage d’écoles privées est beaucoup plus élevé au niveau des écoles secondaires qu’aux niveaux scolaires inférieurs.)

L’université : chaque université décide du matériel d’enseignement à utiliser. Les éditeurs étrangers de cours d’anglais de niveau universitaire qui réussissent sur le marché japonais ont des équipes de ventes à plein temps sur place.

Dans les écoles, l’examen d’évaluation des connaissances de l’anglais le plus couru est le test Eiken, qui a été créé par le Japon et que l’on ne peut passer que dans ce pays. Peu d’écoles publiques japonaises fournissent des ordinateurs et des tablettes aux enfants dans le cadre normal de leurs études. À l’école et à l’université, le gros du matériel en anglais et dans les autres matières est encore en format papier. Les achats de contenu numérique ne sont pas répandus. Cependant, un changement est perceptible : quelques cours universitaires sont donnés en ligne.

Les autres établissements d’enseignement

Les écoles de bachotage (« juku ») : les enfants japonais, particulièrement ceux du secondaire, sont nombreux à assister à des cours extrascolaires dans des établissements privés, les « juku ». La plupart des « juku » sont des grandes chaînes qui ont les ressources nécessaires pour préparer leurs propres supports pédagogiques ou pour engager quelqu’un à cet effet.

Les écoles de langue privées : d’un côté, on trouve de petites écoles gérées par des enseignants depuis leur domicile, qui donnent des cours d’anglais aux enfants du voisinage (souvent, les parents inscrivent leurs enfants en âge préscolaire à des cours d’anglais). À l’opposé, on trouve des chaînes nationales d’écoles d’anglais qui répondent aux besoins des personnes en entreprise.

La plupart des entreprises japonaises préfèrent le test TOEIC (Test of English for International Communication) qui évalue les aptitudes des candidats en anglais professionnel. Ainsi, le matériel de préparation aux examens destiné aux personnes en milieu professionnel a tendance à être axé sur le TOEIC.

Les applications

Il existe de nombreux développeurs d’applications fournissant du contenu pour apprendre l’anglais à tout âge. La collection Oxford Bookworms readers, lancée par Eigotown, est un bon exemple de contenu qui n’a pas été créé au Japon et qui est utilisé dans des applications destinées au marché japonais. Ces dernières comprennent des enregistrements audio d’histoires, des quiz ainsi que la traduction de mots clés. Eigotown est une entreprise établie au Japon qui peut s’appuyer sur sa forte présence locale pour promouvoir ces applications.

Les éditeurs de contenu destiné à l’apprentissage de l’anglais qui veulent élargir leurs débouchés commerciaux au Japon pourraient vouloir entreprendre leurs propres recherches pour se faire une idée précise de la concurrence offrant le même type de contenu. D’une manière générale, cependant, nous recommandons à ces éditeurs d’éviter le segment des manuels scolaires. En effet, en pratique, les passations des marchés publics à grande échelle sont généralement réservées aux éditeurs japonais. Par contre, des occasions d’affaires existent à l’échelon universitaire pour les éditeurs de matériel d’enseignement de l’anglais, même s’ils doivent s’attendre à investir massivement dans des équipes de vente sur place et dans la production de contenu adapté au marché local.

Les éditeurs de matériel d’enseignement de l’anglais peuvent adopter une autre démarche, à savoir essayer de nouer un partenariat avec l’un des grands éditeurs axés sur le marché de l’apprentissage de l’anglais hors manuels scolaires ou avec l’un des établissements privés qui créent leurs propres supports pédagogiques. Cela s’applique particulièrement à tout éditeur de contenu propre destiné à préparer le TOEIC. ALC et Benesse (en langue originale) sont deux des plus grands éditeurs de matériel d’enseignement de l’anglais qui ne se consacrent pas au segment des manuels scolaires. Au chapitre des établissements privés, on compte des « juku », comme Eikoh Seminar et Nichinoken, et des écoles de langues telles que Berlitz et Gaba (en langue originale). Malheureusement, aucune de ces écoles de rattrapage n’est susceptible de passer des marchés avec des entreprises étrangères sur une base régulière. Il incomberait donc à l’éditeur canadien de nouer des contacts avec ces entreprises par l’intermédiaire de son personnel parlant japonais ou d’un agent de vente japonais.

Bien que le segment du numérique représente encore une faible portion du marché de l’éducation, les entreprises japonaises qui créent des produits pour ce secteur sont légion. Le marché connaissant une mutation rapide, ces entreprises pourraient se montrer plus disposées à travailler avec des éditeurs étrangers de matériel pour l’enseignement de l’anglais, plus particulièrement avec ceux qui comptent une solide expérience dans le domaine du numérique. Tokyo Shoseki (en langue originale) est l’une des plus grandes entreprises à la recherche de contenu officiel à destination des écoles.

2015-05-13 | Droits, Export