Présentation du marché du livre au Japon

Au cours des deux prochaines semaines, nous évoquerons le marché du livre au Japon. Publiez-vous des livres au Japon sous forme d’exemplaires finis ou par l’intermédiaire de la vente de droits? Si oui, nous aimerions que vous nous fassiez part de votre expérience par l’entremise de Facebook ou de LinkedIn. En premier lieu, voici une brève présentation du marché du livre japonais. Pour obtenir de plus amples renseignements, téléchargez notre guide du marché 2014.

Les revenus dans le secteur de l’édition au Japon ont atteint des sommets en 1996, puis n’ont cessé de diminuer jusqu’en 2004. Cette baisse s’est ensuite poursuivie : en 2011, les ventes de livres au détail avoisinaient les 800 milliards de yens (8,4 milliards de dollars canadiens) contre quelque 900 milliards de yens en 2004. Les importations de livres étrangers ont également reculé sur cette même période. En 2008, Yohan, l’un des plus grands importateurs de livres et de revues de langue anglaise a fait faillite, ce qui a laissé un grand vide dans le domaine des importations de livres autres que les ouvrages pédagogiques. En 2011, les importations totales se chiffraient à 221 millions de dollars canadiens, celles en provenance du Canada s’établissant à elles seules à environ 358 000 dollars canadiens. Les ouvrages pédagogiques et scientifiques comptent pour près de 80 % de ces importations.

Malgré le malaise qui règne dans certains secteurs, le Japon demeure un grand et important marché économique. Quel que soit l’indicateur macroéconomique utilisé, le Japon se place soit deuxième derrière les États-Unis, soit troisième derrière les États-Unis et la Chine. Le 10 novembre 2013, le Wall Street Journal rapportait que le Japon était la région où Apple connaissait la croissance la plus rapide, dépassant même la Chine. Les consommateurs japonais dépensent, mais se détournent de plus en plus des livres.

Pourtant, même dans le secteur de l’édition, le marché japonais occupe toujours la deuxième place mondiale. Les éditeurs japonais ont publié près de 75 000 nouveaux livres en 2011. Les ouvrages traduits représentent habituellement 8 à 10 % des publications japonaises (quoique ce ne soit pas toujours des traductions de livres récents, puisque de nombreux classiques traduits demeurent prisés pendant des décennies). Nous estimons que des droits de traduction de 4 000 livres en anglais sont vendus chaque année au Japon.

On peut affirmer que l’influence exercée par les éditeurs est plus forte au Japon que dans n’importe quel autre pays, ce qui s’explique par les trois raisons suivantes :

  • Au Japon, il n’y a pas d’agents; les auteurs négocient directement avec les éditeurs. Sans tierce partie indépendante pour les guider, les auteurs ont tendance à aller dans le sens des éditeurs pour toutes les questions liées à l’industrie.
  • Les deux principaux distributeurs de livres papier au Japon (Nippan et Tohan) sont partiellement détenus par certains des grands éditeurs du pays.
  • Un regroupement constitué des plus importants éditeurs japonais a fondé et gère Pubridge, une entreprise de services de numérisation de livres. Cette dernière a récemment renforcé sa position sur le marché en faisant l’acquisition de Bitway, le plus grand distributeur de livres numériques au Japon.

Des figures marquantes du secteur de l’édition au Japon ont exprimé leurs préoccupations quant à l’incidence des livres numériques sur l’industrie, et il est encore monnaie courante que de nouveaux livres ne soient pas diffusés en format numérique. Seuls les mangas sont largement distribués en version numérique. Ainsi, le Japon accuse désormais du retard quant à l’adoption du format numérique comparativement aux autres pays industrialisés.

Revenez-nous rendre visite vendredi pour obtenir des renseignements sur les formats utilisés et les prix pratiqués sur le marché du livre japonais.

2015-04-29 | Droits