Sommaire du rapport de BookNet Canada intitulé « State of Digital Publishing in Canada »

BookNet Canada vient de publier son deuxième rapport annuel intitulé « State of Digital Publishing in Canada », qui dresse un état des lieux de l’édition numérique au Canada anglais. L’organisme a mené une enquête directement auprès de 70 éditeurs canadiens anglophones en veillant à ce que l’ensemble des secteurs de l’industrie soit représenté. L’édition numérique se porte bien. En effet, les éditeurs canadiens continuent d’être ouverts au changement et à l’expérimentation. Ce deuxième rapport annuel est important, car, au-delà de donner un aperçu de l’édition numérique à ce jour, il nous permet désormais de faire des comparaisons avec l’édition 2013 pour établir des cibles de référence et observer l’évolution des tendances dans cette industrie dynamique.

Le rapport indique que 93 % des éditeurs canadiens anglophones publiaient des livres numériques en 2014, et 52 % d’entre eux déclaraient avoir observé une augmentation entre 2013 et 2014 des revenus provenant de la vente de ce type de livres. La conversion des ouvrages de fonds progresse, 49 % des éditeurs anglophones ayant désormais plus de la moitié de leurs titres disponibles en version électronique. Il n’est pas surprenant de constater que les éditeurs de petite taille (chiffre d’affaires inférieur à 1 M$ CA) et de taille moyenne (chiffre d’affaires compris entre 1 et 10 M$ CA) ne peuvent pas encore se permettre d’avoir du personnel dédié aux activités numériques, tandis que 100 % des éditeurs de grande taille (chiffre d’affaires supérieur à 10 M$ CA) ont des employés entièrement affectés à la production et à la gestion de contenu numérique. Cependant, les éditeurs de petite et moyenne tailles semblent s’organiser pour contourner ce manque de moyens. Par rapport à 2013, on observe une baisse de 5 % des éditeurs ayant du personnel dédié au volet numérique tandis qu’ils sont désormais 5 % plus nombreux à externaliser la production des documents numériques. Cette hausse est encore plus significative chez les éditeurs d’ouvrages d’intérêt général qui sont 11 % de plus par rapport à 2013 à externaliser la création de contenu en format numérique. D’une manière générale, l’enquête révèle une augmentation des programmes d’édition numérique chez les éditeurs du pays.

Parmi les tendances ressortant clairement du rapport, citons une hausse des nouvelles pratiques dans le domaine des ventes et de la distribution, comme les offres couplées papier/numérique, qui s’oppose à un ralentissement des expérimentations dans le domaine de la conception, moins axée sur les formats enrichi et fixe. Aujourd’hui, davantage d’éditeurs anglophones conçoivent des livres numériques enrichis, même s’ils sont moins nombreux à prévoir d’en produire à l’avenir, et, fait intéressant, aucun éditeur (contre 7 % en 2013) ne signale avoir observé une augmentation de ses ventes grâce au format enrichi. En 2013, Booknet n’avait recueilli aucune donnée sur l’utilisation des services d’abonnement, mais celles publiées à ce sujet par l’organisme dans l’édition 2014 témoignent de la montée en puissance de ces services en tant que circuit de ventes. Actuellement, 19 % des éditeurs anglophones utilisent des services d’abonnement en tant que circuit de ventes. Par ailleurs, même si le pourcentage d’éditeurs intégrant actuellement des pratiques d’offres couplées est faible (8 % indiquent utiliser des modèles d’offres couplées et 7 % déclarent y avoir recours pour « quelques titres »), 20 % étudient la possibilité d’offrir de telles offres couplées. Nous sommes curieux de voir comment ces tendances évolueront en 2015.

Voici quelques pratiques exemplaires en matière d’édition numérique et des suggestions de la part de BookNet :

  • Presque tous les éditeurs anglophones (77 %) suivent les bonnes pratiques du Book Industry Study Group (BISG) en assignant un numéro international normalisé du livre (ISBN) unique à chaque format numérique. BookNet nous rappelle qu’en l’absence d’ISBN uniques, il est difficile de suivre les ventes des différents formats de livres et de prendre une décision quant aux formats à publier. Cela peut également compliquer la tâche du consommateur qui veut être certain du format de livre numérique qu’il achète. Être en mesure de capturer les métadonnées de façon appropriée pour orienter les plans de production futurs et garantir une facilité d’utilisation devraient être des priorités absolues.
  • Seuls 12 % des ouvrages numériques publiés par les éditeurs canadiens anglophones n’ont généré aucune vente en 2014, contre 20 % en 2013, un excellent résultat en soi. BookNet explique que l’absence de ventes est souvent liée à des problèmes de visibilité – des métadonnées manquantes dans les flux ONIX de l’éditeur, comme les images de couverture, les descriptions et les critiques – ainsi que de la non-disponibilité de l’ouvrage dans les formats recherchés par le consommateur (ePUB, PDF et Kindle). Les ventes potentielles d’un livre numérique sont proportionnelles à la diversité des formats dans lequel ce titre est proposé et au nombre de plateformes sur lequel il est vendu.

Ce billet ne donne qu’un survol de cet excellent rapport de BookNet qui est offert gratuitement en téléchargement : http://static1.1.sqspcdn.com/static/f/1456875/26187631/1430420508347/State_of_Digital_Publishing_2014.pdf?token=edSOiIWz9Q5kNIscmIusi9CZjJM%3D

2015-07-10 | Numérique