Exportation du livre universitaire et savant : présentation générale

« Les Canadiens sont des exportateurs. » Notre nouveau guide de marché intitulé « Exporting Academic and Scholarly Books: A Guide for Canadian English-Language Publishers » débute par cette affirmation, avec laquelle nous sommes entièrement d’accord !

Rédigé par R. Peter Milroy, un expert du domaine et ancien directeur de UBC Press, ce rapport contient des renseignements sur les marchés étrangers en lien avec ce segment spécialisé du secteur de l’édition. M. Milroy livre également ses réflexions sur les marchés et les pratiques, qui s’avéreront profitables aux éditeurs de tous horizons.

Au cours des prochaines semaines, nous vous ferons découvrir quelques extraits de ce guide de marché. Pour situer le contexte, nous commençons par une présentation du marché du livre universitaire et savant.

Les Canadiens sont des exportateurs. Nous avons bâti notre économie sur l’exportation de produits de base, à savoir le poisson, la fourrure, le bois et, par la suite, les minéraux. De nos jours, nous exportons une plus grande variété de produits matériels et immatériels, notamment des produits culturels. En 2008, les œuvres publiées comptaient pour 628,1 millions de dollars dans l’ensemble des exportations canadiennes de biens culturels, soit 37 % (en baisse par rapport à un sommet de 46 % enregistré en 1997).

La main-d’œuvre canadienne qui œuvre dans le secteur culturel et les produits culturels jouent un rôle de plus en plus important dans l’économie du pays et dans la représentation du Canada à l’étranger. L’influence exercée par notre culture littéraire est considérable, et les Canadiens sont fiers, et pour cause, de la reconnaissance internationale dont jouissent de grands noms tels que McLuhan, Munro, Ondaatje, MacMillan, Atwood et Gladwell, pour n’en citer que quelques-uns. Pour des auteurs de cette trempe, il est plutôt simple de publier dans d’autres pays, leurs agents prenant généralement les dispositions pour ce faire directement avec les éditeurs étrangers. Les éditeurs canadiens jouent un rôle essentiel sur le plan national dans le succès de ces auteurs sur le marché de l’exportation, mais ils profitent rarement des ventes qui se font sous des marques d’éditeurs étrangers, puisque ces ventes ne sont pas répertoriées dans les exportations de livres canadiens.

L’exportation de livres peut revêtir diverses formes : livres imprimés, fichiers d’un livre numérique qui peuvent être imprimés dans le pays de commercialisation ou livres numériques. La facilité et la vitesse avec lesquelles les livres numériques peuvent être vendus d’un continent à l’autre constituent un vecteur de changement potentiel sur les plans culturel et financier. Cependant, bien qu’on prédise la disparition du livre imprimé, une grande majorité d’acheteurs et de lecteurs privilégient toujours le format papier. Pour preuve, au cours de la dernière année, les ventes de livres numériques dans de nombreuses catégories sont demeurées stables ou ont chuté. Ce constat vient appuyer l’idée qu’il existe un potentiel pour l’impression de fichiers numériques sur place dans le pays de commercialisation.

En 2012, les ventes à l’exportation de livres canadiens, toutes formes et tous genres confondus, représentaient 12,2 % des revenus d’exploitation de l’industrie de l’édition. Statistique Canada recueille des données sur les exportations de livres, mais répertorie les ventes de façon globale, tous genres confondus. Par ailleurs, les données propres aux deux catégories qui nous intéressent, le livre universitaire et le livre savant, n’apparaissent pas clairement dans les statistiques des ventes au Canada, qui font pourtant l’objet d’une répartition plus détaillée. En effet, Statistique Canada fournit les données relatives à quatre catégories seulement. Les livres universitaires sont compris dans la catégorie « manuels scolaires » (qui comprend les manuels scolaires et les livres éducatifs de la maternelle au postsecondaire). Une catégorie sommairement intitulée « autre » comprend les livres savants, les ouvrages de référence ainsi que les ouvrages professionnels et techniques.

On peut s’étonner que, dans ce pays qui attache tant d’importance à la diffusion des œuvres de ses auteurs de renom, les presses universitaires, quoique peu nombreuses, figurent parmi les exportateurs les plus prospères du pays. Au moins la moitié des recettes perçues par les quatre plus importantes presses universitaires et les deux plus importants éditeurs d’ouvrages universitaires canadiens proviennent exclusivement des ventes aux États-Unis.

Parmi les 20 éditeurs indépendants inscrits au répertoire de l’Association des presses universitaires canadiennes en tant qu’éditeurs d’ouvrages universitaires ou savants, 12 sont des presses universitaires. Les trois presses universitaires les plus importantes déclarent que les exportations représentent environ la moitié de leur chiffre d’affaires. Par ailleurs, deux presses qui publient des ouvrages savants (l’une étant une filiale d’une presse universitaire) et qui se concentrent sur la publication d’ouvrages destinés à être utilisés dans le cadre de cours universitaires affichent également des ventes à l’exportation similaires à celles sur le territoire national.

À l’opposé, plusieurs des presses de petite taille mentionnent que leurs recettes provenant des exportations sont si minimes qu’elles en sont négligeables.

Pourquoi les éditeurs canadiens de livres savants et universitaires devraient-ils exporter leurs ouvrages?

  • Pour élargir le marché pour leurs ouvrages et accroître leur potentiel de ventes. Compte tenu de la place relativement réduite qu’occupe l’industrie de l’édition canadienne sur le marché du livre mondial, il serait bon pour les éditeurs de repenser la façon dont ils sélectionnent les livres et d’examiner le contenu de leurs catalogues en adoptant une perspective plus internationale. La recherche et l’innovation canadiennes sont remarquables, et l’édition canadienne est à même de très bien les représenter.
  • Pour contribuer à faciliter les échanges mondiaux et la transmission de concepts importants. La vocation principale de l’édition savante n’est pas de réaliser des bénéfices, mais de s’assurer que les concepts importants, les résultats de la recherche et les réflexions à propos des valeurs culturelles touchent un public plus large et favorisent les échanges ainsi que les débats intellectuels. L’exportation de travaux de spécialistes et de chercheurs canadiens rehausse la réputation du pays sur la scène internationale.
  • Pour bâtir la réputation de la marque de l’éditeur. Atteindre un public international dans des domaines dans lesquels les presses universitaires canadiennes publient permet à un éditeur d’établir son leadership dans des disciplines et des domaines précis.
  • Pour diversifier leurs sources de revenus et se bâtir une stabilité financière. Conquérir des marchés dans d’autres pays permet à un éditeur de diversifier sa base financière et peut s’avérer particulièrement intéressant d’un point de vue financier lorsque le taux de change est favorable.
  • Pour atténuer le déséquilibre des échanges commerciaux sur le marché universitaire. Le Canada est un importateur net de livres en provenance d’autres pays, et sa balance commerciale dans le secteur intellectuel est grandement déficitaire. Miser sur une présence importante des produits savants et universitaires canadiens à l’international peut aussi contribuer à accroître leur part de marché sur le plan national.
  • Pour attirer des auteurs. Tous les auteurs veulent que leurs livres soient lus, que ce soit pour recevoir des éloges ou générer des bénéfices ou les deux. Les chercheurs veulent que leurs travaux soient diffusés auprès de leurs collègues partout dans le monde. Les chercheurs canadiens qui travaillent dans des domaines qui ne visent pas spécifiquement le Canada choisissent souvent des éditeurs d’autres pays en pensant que leurs travaux atteindront un public plus vaste et qu’en fin de compte, ils auront une plus grande notoriété au Canada et à l’étranger.
  • Pour augmenter les possibilités de traduction. Les livres qui atteignent des publics à l’extérieur du Canada sont plus susceptibles d’être reconnus pour leur potentiel de traduction, ce qui représente une certaine valeur à la fois pour l’auteur et l’éditeur.
  • Pour établir des relations d’affaires et professionnelles avec d’autres éditeurs et organisations. Grâce aux activités d’exportation, les éditeurs canadiens créent des liens avec leurs homologues dans d’autres pays, desquels ils peuvent apprendre et avec lesquels ils peuvent mettre en commun leurs expériences, s’améliorant ainsi dans leur propre travail.

Vous voulez lire le rapport complet ? Téléchargez votre exemplaire ici ! Restez à l’affût pour en savoir plus sur ce sujet.

2016-08-16 | Droits, Export, Guides de marché