Le mentorat : l’expérience de Luciana Ricciutelli d’Inanna Publications

Depuis 2006, Livres Canada Books propose un programme de mentorat conçu pour aider les éditeurs admissibles à se familiariser avec les activités liées à l’exportation, à rencontrer des acteurs clés au sein des marchés visés et à bien évaluer les efforts requis pour être présents sur ces marchés.

Pour avoir une idée concrète de ce que cela signifie de participer à ce programme, nous avons communiqué avec quelques-uns des précédents participants au programme afin de recueillir leur point de vue sur leur expérience du mentorat. Dans ce deuxième entretien de notre série d’articles de blogue sur notre programme de mentorat, Luciana Ricciutelli d’Inanna Publications, maison d’édition indépendante et à vocation féministe établie à Toronto, nous explique que : « Exporter n’est jamais vraiment une partie que l’on gagne en une seule fois, c’est un projet de tous les instants ». Pour découvrir ses autres réflexions au sujet de l’exportation et du mentorat, lisez la suite.

 

Pourriez-vous commencer par vous présenter ?

Je m’appelle Luciana Ricciutelli et je suis rédactrice en chef d’Inanna Publications.

Vous avez participé au programme de mentorat – États-Unis en 2015-2016.

Oui, c’est exact.

Comment décririez-vous le programme à un ami ?

Sauf erreur de ma part, je crois que cette séance de mentorat s’est déroulée sur deux jours. Au cours d’une des deux journées, le consultant a parlé aux personnes présentes dans la salle du marché des ventes aux États-Unis en général, ce qui nous a permis d’avoir un aperçu de ce marché et d’apprendre comment les choses fonctionnent aux États-Unis. Puis, lors de la deuxième journée, le consultant a tenu des rencontres individuelles avec chacun de nous, pendant lesquelles nous avons pu parler en détail de nos propres titres et de nos aspirations d’expansion sur le marché américain. La séance a été fructueuse; les deux journées se sont avérées excellentes, et le consultant était assurément quelqu’un qui avait énormément d’expérience. Il a fait un excellent survol du marché américain. Il nous a aidés à comprendre l’ampleur de ce marché et comment nous devrions cibler certaines villes américaines en particulier, car le marché est tellement vaste là-bas, qu’il serait impossible de tout couvrir.

Avez-vous été en mesure de communiquer avec le consultant par la suite ?

Oui. Il s’appelle Michael Johnson, et il a été tout simplement formidable, car il est demeuré disponible longtemps après la fin du programme de mentorat. Il était toujours disposé à répondre à nos questions, même par courriel, et d’ailleurs, je travaille avec lui en ce moment. Il nous a fourni énormément de renseignements et, par la suite, il nous a proposé de continuer à nous aider si nous avions des questions ou des préoccupations. Il s’est rendu disponible pour nous même plusieurs mois après le programme de mentorat. Je me suis rendue à BookExpo America en 2017 et j’ai pris des arrangements pour le rencontrer là-bas. Nous avons parlé de certaines choses que nous faisions et d’une initiative de commercialisation que j’espérais pouvoir faire financer par l’entremise du Fonds de la SODIMO pour l’exportation du livre. Finalement, il m’a énormément aidée avec cette demande de financement, et nous avons été en mesure de l’embaucher à titre de consultant pour cette initiative de commercialisation que nous mettons actuellement en œuvre aux États-Unis. Il est incroyable, extrêmement compétent, et il nous aide beaucoup.

 

Ça fait plaisir à entendre. Quel genre de questions avez-vous posées ?

Nous essayions de circonscrire nos régions cibles aux États-Unis et de mettre au point des stratégies de commercialisation précises pour ces secteurs en particulier. Ainsi, pour nous en tant que maison d’édition à vocation féministe, le consultant a été particulièrement vigilant dans ses propositions et nous a notamment suggéré sept ou huit villes où l’on retrouve des lecteurs aux vues similaires et progressistes, qui seraient ouverts aux genres de livres que nous publions. Ainsi, selon lui, il était mieux pour nous de cibler ces villes en particulier, dont les librairies s’adressent à un lectorat qui serait intéressé par nos livres en particulier. Il a été très bon dans ce domaine, de même que dans l’aide qu’il nous a apportée pour cibler les lieux où nos titres pourraient avoir du succès.

 

Cela semble très utile.

Très utile, car c’est grand les États-Unis, et le marché américain est vaste. Il est donc primordial d’essayer de trouver les meilleurs endroits à cibler.

 

Les renseignements étaient-ils précis ?

Notre consultant a été très précis. Il a identifié des villes, des librairies et des campus universitaires où il pensait que nos titres seraient bien reçus et appréciés. En ce qui concerne l’initiative de commercialisation sur laquelle je travaille présentement et qui est financée par le Fonds de la SODIMO, il a créé pour nous une liste d’une centaine de librairies dans sept ou huit villes différentes, que nous avions identifiées comme villes cibles. Là, nous avons mis en place une campagne de publipostage très ciblée, qui mettra en avant l’année 2018, année de notre 40e anniversaire, et qui fera mieux connaître notre maison d’édition et les genres de livres que nous publions. J’ai participé à ce programme de mentorat il y a plus de deux ans, je crois, alors c’est formidable que le consultant ait continué à se rendre disponible pour nous aider, nous guider et nous fournir des conseils.

 

Avez-vous établi une vraie relation avec le consultant ?

Oui. Nous avons pu établir une vraie relation. Et j’espère que le prochain consultant choisi par Livres Canada Books pour son programme de mentorat sera aussi fantastique que lui. Assurément, il a été extraordinaire et il a dépassé toutes nos attentes.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à joindre le programme ?

Assurément parce que nous espérions accroître nos ventes aux États-Unis, faire connaître notre maison d’édition à l’ensemble du marché nord-américain et augmenter nos revenus d’exportation en provenance de notre voisin le plus proche.

 

Étiez-vous déjà présente sur le marché américain ou en étiez-vous à vos tous débuts ?

Nous avons un distributeur américain et nous vendons des livres aux États-Unis, mais nous cherchons toujours des moyens d’augmenter nos ventes dans ce pays et de nous faire connaître par le plus grand nombre de gens possible. De quelle façon pouvons-nous faire découvrir Inanna Publications aux lecteurs américains ? Ainsi, il s’agit d’un projet de tous les instants. Ce n’est pas un projet ponctuel, nous travaillons dessus en permanence. Tout contenu, tout renseignement, toute expertise, tout conseil que nous pouvons obtenir sont les bienvenus. Nous sautons sur ces occasions, et c’est tout simplement remarquable que Livres Canada Books ait proposé ce programme de mentorat aux éditeurs canadiens.

 

Que conseillez-vous à quelqu’un qui pense participer à ce programme ?

Inscrivez-vous sans plus attendre !

 

Un dernier mot ?

Je suis très heureuse que ce programme existe et je suis reconnaissante que Livres Canada Books ait pu l’offrir.

 

Cet entretien a été modifié pour souligner les faits saillants.

2018-05-22 | Entrevue