Livres canadiens, de grands voyageurs : Arnaud Foulon

Dans sa série d’entrevues intitulée « Livres canadiens, de grands voyageurs », Livres Canada Books s’entretient avec des éditeurs canadiens à propos de leurs activités de commercialisation à l’international et du positionnement des livres canadiens sur les marchés étrangers. Dans le présent volet, nous nous entretenons avec Arnaud Foulon du Groupe HMH qui nous parle de la nécessité de mettre en place des structures de soutien à l’exportation pour percer les marchés étrangers.

1. Qui êtes-vous et que faites-vous ?

Arnaud Foulon, vice-président, éditions et opérations pour l’ensemble du Groupe HMH.

2. Décrivez, en une phrase, votre programme d’édition.

C’est un programme général qui touche l’ensemble des secteurs du livre avec 140 nouveautés par année et un catalogue de 2000 titres.

3. Quel titre est le plus gros vendeur chez vous ? Selon vous, qu’est-ce qui fait que ce titre est un succès à l’étranger ? De façon générale, quelle est la clé de la réussite à l’étranger ?

Notre plus grand vendeur historiquement est le Bescherelle mais nous le vendons uniquement au Canada. Au niveau des ventes à l’étranger, je dirai que c’est sans doute le roman Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier qui sera notre plus gros vendeur cette année. C’est un livre qui a remporté de nombreux prix littéraires à sa parution en 2011 et qui a été traduit dans 12 ou 14 pays.

Pour qu’un titre connaisse du succès à l’étranger, il faut d’abord que le livre ait du succès sur son territoire national. Ensuite, dans notre cas, nous avons mis sur pied un département de droits étrangers il y  5 ans. Depuis la création de ce département, nous avons maximisé nos contacts à l’étranger et y avons consacré plus d’énergie donc les résultats sont naturellement plus probants.

4. Quels sont vos principaux marchés d’exportation ? À votre avis, qu’est-ce qui rend ces marchés compatibles avec les livres que vous publiez ?

Notre marché principal est l’Europe francophone car on y diffuse des ouvrages finis avec notre diffuseur là-bas et on y cède aussi de nombreux droits chez des éditeurs français. C’est un marché qui s’ouvre de plus en plus à la littérature québécoise.

5. Nommez un des livres que vous aimeriez faire connaître sur le marché des droits à l’étranger. En ce moment, quels titres votre maison d’édition est-elle impatiente de promouvoir ? Pourquoi ?

La série jeunesse Juliette. C’est un livre qu’on a vendu en Hollande et en France. C’est une série qui a énormément de succès ici et que nous aimerions notamment vendre dans le territoire anglophone. Nous croyons que c’est une série qui a un très gros potentiel surtout dans le marché anglophone compte tenu des résultats que nous obtenons au Québec et même en France maintenant. La série a déjà dépassé les 100 000 exemplaires vendus.

6. Citez quelques-uns des plus grands défis que vous avez à relever lors de la promotion de vos livres sur les marchés internationaux.

Les grands défis sont de pouvoir être présents sur les marchés internationaux sans devoir abandonner le marché national. Cela nous oblige à créer des structures comme on a fait avec des gens qui sont dédiés à l’exportation. Pour vendre des livres ou des séries à l’étranger, les éditeurs et les chefs d’entreprises doivent également souvent se déplacer pour aller rencontrer des maisons d’édition. Un des grands défis est donc de couvrir les frais qui sont liés à ces déplacements.

7. Quel est votre événement préféré, en lien avec le monde du livre, à l’extérieur du Canada ?

Chaque année, nous allons à la Foire de Francfort mais l’événement que je préfère et qui est intéressant pour nous est la Foire du livre de Londres au niveau de l’achat. Nous achetons beaucoup plus à Londres et nous vendons à Francfort et d’autres foires comme Buenos Aires, Göteborg, Sharjah ou Pékin. L’événement pour lequel j’ai un attachement particulier est définitivement la Foire du livre de Londres.

8. Si vous aviez un livre canadien à recommander à un lecteur étranger, quel serait-il ?

Si je prends un livre qui n’est pas de chez moi, je dirai Ru de Kim Thuy. C’est un livre magnifique sur les boat peoples. Je pense que c’est un livre qui a beaucoup marqué l’imaginaire des gens.

2016-10-25 | Droits, Entrevue, Export