TechForum 2018 : conférences de clôture

Toute bonne chose a une fin, et c’est avec éclat que le TechForum a pris fin. Après les présentations instructives et inspirantes de Noah Genner, président-directeur général de BookNet Canada, et de Jim Stengel, ancien responsable du marketing international chez Procter & Gamble, nous étions tristes de voir la journée se terminer. Poursuivez votre lecture pour découvrir les plus récentes statistiques sur le marché canadien du livre et des idées intéressantes pour inspirer votre équipe. Il s’agit ici de notre dernière publication sur le TechForum 2018. Vous pourrez en apprendre davantage en visitant le site Web de l’événement.

 

La situation dans le monde de l’édition en 2018

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Conférencier : Noah Genner, président-directeur général de BookNet Canada

Le président-directeur général de BookNet Canada a présenté un aperçu des tendances et des statistiques dans le monde de l’édition pour l’année dernière, avec un regard sur l’avenir.

Dans l’ensemble, le marché du livre grand public en anglais au Canada, qui a représenté 85 % du marché du livre cette année, a connu une diminution des ventes, mais une augmentation du nombre d’ISBN individuels vendus. Les ventes mondiales de livres sont restées assez stables, à l’exception des États-Unis, où l’on a connu une légère augmentation.

Pour ce qui est des catégories de livres, on a observé peu d’évolution. Les livres de non-fiction ont connu une baisse au Canada, mais une augmentation aux É.-U. Dans cette catégorie, les ventes de livres sur des sujets scientifiques, ainsi que les livres de croissance personnelle, sur la santé corps-esprit et sur les vrais crimes ont augmenté. Du côté de la fiction, les romans policiers ont aussi été populaires, ainsi que les romans fantastiques et romans mystères.

Cette année, les livres de fonds ont représenté 60 % des ventes, une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente qui peut être attribuée au regain d’intérêt pour Margaret Atwood et pour le premier recueil de poésie de Rupi Kaur.

Les ventes de poésie ont aussi connu une hausse, mais l’augmentation n’est plus seulement attribuable à la popularité de Rupi Kaur. L’impact de Kaur s’est propagé, et d’autres poètes d’Instagram et de Twitter ont vendu des livres.

L’enquête sur les lecteurs a montré des changements dans les habitudes de lecture et d’achat qui devraient intéresser les éditeurs. Par exemple, le pourcentage de personnes interrogées qui affirment lire un livre a diminué, contribuant à la tendance à la baisse observée, qui dépasse la marge d’erreur. Toutefois, les groupes d’âge plus jeunes lisent de plus en plus.

Pour ce qui est de la manière dont les lecteurs se procurent leurs livres, M. Genner a pris soin de décomposer les différentes manières d’acquérir gratuitement des livres, notamment par l’accès à des services de bibliothèque offrant des livres du domaine public, comme LibriVox, les ressources d’autoédition et le piratage. Concernant le piratage, M. Genner a fait référence à une étude de Nielsen sur les pratiques de piratage qui nous emmène dans l’esprit d’un pirate de livres. L’étude de Nielsen révèle que la principale raison qui pousse les lecteurs à télécharger un livre de façon illégale est la commodité; M. Genner a souligné que c’est là un élément que les éditeurs seraient en mesure de freiner. En même temps, toutefois, les bibliothèques comme la bibliothèque publique de Toronto rapportent une augmentation des emprunts dans tous les formats, y compris les livres audio et numériques.

En matière d’habitudes d’achat, l’achat de livres audio est passé de 3 % à 2 %; M. Genner a cependant souligné que les statistiques pour les livres audio n’incluent pas les nombres provenant des modèles d’abonnement ou de lecture en continu, comme Audible. Les livres numériques ont connu une hausse des achats, principalement due à l’autoédition. Quant aux catégories des livres achetés, l’étude de BookNet révèle que les ventes de romans d’amour sont réparties à peu près de façon égale, 50 % de format imprimé, 50 % de livres numériques. Pour leur part, les livres de non-fiction sont habituellement achetés en format imprimé, à l’exception des livres d’affaires et de croissance personnelle.

L’enquête sur les prix contenait peu de surprises : les lecteurs affirment que les prix des livres devraient être bien moins élevés; en réalité, toutefois, ils paient couramment un prix beaucoup plus élevé que le prix qu’ils déclarent être prêts à payer. Quant au rapport qualité-prix, 54 % des acheteurs de livres imprimés estiment que leur achat représentait un excellent rapport qualité-prix, alors que l’opinion des utilisateurs de livres numériques était beaucoup plus polarisée sur cette question.

Les résultats du sondage sur les comportements d’achat a également confirmé les anticipations. Dans l’ensemble, la principale préoccupation pour la plupart des acheteurs est la commodité – les lieux facilement accessibles et offrant un achat simple réussissent à convaincre les consommateurs. Les magasins physiques peuvent attirer les consommateurs par les prix, la sélection et l’organisation des titres, alors que les boutiques en ligne sont attrayantes par les prix, la sélection, l’immédiateté et la livraison qui sont offerts. Rien n’a vraiment changé en matière de découvrabilité des titres. Les acheteurs de livres ont découvert de nouveaux titres au moyen des circuits habituels : furetage, en magasin, en ligne, sites Web, recherches sur un site, médias sociaux, ainsi qu’en se basant sur les critiques d’amis ou d’autres utilisateurs (recommandations en magasin et critiques sur Amazon).

Étant donné l’importance du facteur commodité pour l’achat de livres soulignée précédemment, l’analyse des habitudes d’achat a révélé une hausse constante des achats en ligne de livres physiques.

L’étude a également révélé que les programmes de fidélisation fonctionnent effectivement : 58 % des personnes interrogées ont adhéré à un programme de fidélisation, et les personnes membres de ces programmes ont acheté 62 % de tous les livres.

Genner a clos sa présentation en soulignant un dernier déplacement susceptible d’intéresser les éditeurs : même si, traditionnellement, elles ne sont pas associées aux livres, les plateformes de médias sociaux comme YouTube et Instagram jouent un rôle croissant comme plateformes d’influence, et de plus en plus de créateurs s’y rendent pour vendre leurs contenus.

 

Stimulez l’énergie de vos innovateurs

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Conférencier : Jim Stengel, président-directeur général de The Jim Stengel Company, ancien responsable du marketing international chez Procter & Gamble, auteur de Grow et de Unleashing the Innovators

Jim Stengel a commencé la dernière conférence de la journée TechForum en présentant un aperçu du monde des affaires en mutation et en soulignant l’importance de la croissance et de l’innovation dans ce marché. Selon M. Stengel, alors qu’il y a 50 ans l’espérance de vie d’une entreprise qui faisait partie du groupe Fortune 500 était de 75 ans, celle-ci est d’aujourd’hui de 15 ans, avec 60 % des jeunes entreprises se soldant par un échec. Selon lui, l’absence de but dans ces entreprises pourrait expliquer cette importante proportion : de nos jours, les compagnies sont des machines d’exécution, qui accomplissent des tâches de façon efficace, alors que dans le passé les entreprises étaient plutôt faites de personnes rêveuses et déstabilisatrices. Les sociétés qui connaissent un succès durable dans le marché actuel sont celles qui essaient de retourner au rêve et à la déstabilisation plutôt que de se laisser prendre par le désir de devenir tout simplement les plus efficaces.

Pour passer de « machines à rêveuses », les compagnies doivent, selon M. Stengel, retrouver l’esprit d’innovation – qui pourrait bien se cacher dans vos rangs! M. Stengel a présenté au Techforum certaines des pratiques exemplaires visant à stimuler l’énergie de vos innovateurs. En voici quelques-unes :

 

  • Démarquez-vous des autres : soyez distincts – être différents ne suffit pas – et apprenez à exprimer votre distinction.
  • Laissez place à la différenciation au sein de votre entreprise : permettez aux bâtisseurs de bâtir et à plusieurs projets de cohabiter sous un même toit.
  • Créez des équipes de taille raisonnable. Pour ce faire, utilisez la loi des « deux pizzas » : les équipes devraient être assez petites pour que deux pizzas suffisent à nourrir tout le monde. Cette taille est parfaite pour maintenir les échanges, tout en assurant que les diverses compétences et formations se stimulent les unes les autres.
  • Soyez attentifs à la culture de votre organisation : les « rituels » d’entreprise contribuent à créer une culture; par ailleurs, tirez profit de vos partenariats pour améliorer non pas seulement vos technologies ou vos pratiques, mais aussi la culture de votre organisation.
  • Placez des débutants aux commandes : intégrez de nouveaux yeux pour avoir un nouveau regard. Une compagnie a intégré pendant un mois une équipe d’une entreprise en démarrage afin d’apprendre de leur point de vue!
  • Favorisez une mentalité d’outsider : évitez les modèles et les habitudes, et essayez toujours de comprendre POURQUOI vous faites quelque chose.
  • Vivez vos échecs comme un investisseur en capital de risque : au lieu d’investir beaucoup de capitaux dans quelques gros projets qui doivent à tout prix réussir, permettez à votre personnel d’élaborer plusieurs petits projets de moindre envergure en vous attendant à ce que nombre d’entre eux échouent, créant ainsi un environnement à faible risque pour les échecs.
  • Le changement équivaut au repos : retombez en amour avec vos clients et avec votre service/produit, et si ce n’est pas possible, alors changez ou quittez l’entreprise.

2018-07-19 | Événements, Numérique