Vendre des droits à des éditeurs espagnols

Vendre des droits de traduction pour des livres canadiens est souvent un des meilleurs moyens d’atteindre des lecteurs à l’étranger. Aujourd’hui, nous vous faisons part de quelques réflexions d’Arantxa Mellado et de Silvia Mas, cofondatrices de The Spanish Digital Link, à propos de la vente de droits de traduction aux éditeurs espagnols.

En plus de vendre des livres en versions anglaise et française en Espagne, les éditeurs canadiens peuvent vendre des droits de traduction aux éditeurs espagnols, un autre moyen très efficace pour rentabiliser leur catalogue.

Si nous comparons l’Espagne avec d’autres pays, nous découvrons que ce pays propose plus d’ouvrages traduits que les autres. Dans un pays comme le Royaume-Uni, les traductions représentent seulement environ 3 % des ventes, une autosuffisance largement motivée par la dominance de la langue anglaise. Ce chiffre tranche avec les données liées à la traduction dans d’autres pays européens tels que l’Allemagne, la France, l’Italie et particulièrement l’Espagne. En 2013, 22,3 % des livres inscrits auprès de l’Agence espagnole de l’ISBN (19 865 titres) étaient des traductions (comparativement à 22 % en 2012). Cela signifie que plus de deux livres sur dix étaient des traductions d’une autre langue vers l’espagnol. De tous les livres traduits inscrits, 79,8 % (15 855 titres) étaient des ouvrages rédigés en langue étrangère, puis traduits en espagnol, tandis que les livres en espagnol traduits dans une autre langue représentaient à peine 7,2 % (1 437 titres), et ceux traduits dans les langues officielles du pays, 8,1 % (1 610 titres).

En Espagne, les langues les plus traduites en 2013 étaient, en ordre d’importance, l’anglais (49 %), l’espagnol (traduit vers d’autres langues officielles), le français (11 %), l’italien, l’allemand, le japonais, le catalan, le portugais, le russe et le grec. Les traductions à partir de l’anglais et du français représentaient 60 % des ouvrages traduits.

Les genres où l’on trouvait le plus de traductions sont les romans (33,7 %), suivis des livres pour enfants et pour jeunes adultes (21,9 %), puis des ouvrages en sciences sociales et sciences humaines (20 %). L’analyse du poids des traductions par genre indique qu’elles dominent dans les catégories pour enfants et pour jeunes adultes, puisque 40,7 % des livres publiés dans ces genres étaient des traductions (contre 45 % en 2012). La part des traductions était également très importante dans la catégorie « livres populaires » (38,3 % comparativement à 36,1 % en 2012), et pour les œuvres de fiction (35,1 % comparativement à 36,2 % en 2012).

Dans presque tous les genres, ce sont les langues anglaise, espagnole et française qui sont les plus traduites. Des exceptions peuvent être observées dans la catégorie « livres populaires », où les traductions du français (552 titres selon l’ISBN) et du japonais (416 titres selon l’ISBN) dépassent celles de l’espagnol (264 titres), peut-être en raison des bandes dessinées qui sont intégrées dans cette catégorie. En 2013, les publications en langues étrangères se montaient à 4 546 titres selon l’ISBN (contre 4 678 titres selon l’ISBN en 2012), ce qui représentait 5,1 % de tous les livres publiés en Espagne (comparativement à 4,5 % en 2012). Les livres publiés en anglais, dont le nombre a augmenté de 12,6 % depuis 2010, sont manifestement une priorité. Cette langue est la seule à afficher une hausse, les autres langues étant plutôt en déclin. Après l’anglais, les langues étrangères les plus publiées étaient le français, le portugais et l’allemand.

Quantité de droits achetés

  • En 2013, les maisons d’édition membres de la Federación de Gremios de Editores de España (FGEE) en Espagne ont dépensé 164,59 millions d’euros en achat de droits. Ce montant se répartissait comme suit : 158,66 millions d’euros en droits d’auteur, 3,99 millions d’euros en droits de traduction et 1,95 million d’euros en achat d’autres droits.
  • Les paiements des droits aux auteurs espagnols représentaient 57,1 % du montant total, et ceux aux auteurs étrangers, 42,9 %. En 2013, l’achat de droits d’auteur représentait 7,3 % du chiffre d’affaires du secteur.
  • Les très grands éditeurs ont consacré 8,5 % de leur chiffre d’affaires total (62,56 millions d’euros) au paiement des droits d’auteur. Dans ce cas-ci, la majeure partie des droits est allée aux auteurs étrangers (53,2 % contre 46,8 % aux auteurs espagnols).
  • Les grands éditeurs ont déboursé 33,07 millions d’euros en droits d’auteur, soit 5,6 % de leur chiffre d’affaires. De ce montant, 62,6 % est allé aux auteurs espagnols contre 37,4 % aux auteurs étrangers.
  • Les maisons d’édition de taille moyenne, quant à elles, ont dépensé 41,27 millions d’euros, ce qui représente 7,1 % de leur chiffre d’affaires. 63,5 % de ce montant a été versé en droits d’auteurs espagnols et 36,5 %, en droits d’auteurs étrangers.
  • Finalement, les petites maisons d’édition ont payé 21,75 millions d’euros en droits d’auteur, soit 7,9 % de leur chiffre d’affaires. 66,5 % de ce montant a été versé aux auteurs espagnols, contre 33,5 % aux auteurs étrangers.

Agents littéraires

La vente de droits demande d’avoir une bonne connaissance du marché. Les agents et agences littéraires peuvent aider les éditeurs canadiens à entrer en contact avec les éditeurs espagnols et à négocier avec eux. Leur connaissance du marché, et en particulier celle des conditions de négociation avec les éditeurs locaux, les aideront à trouver les meilleurs partenaires (éditeur ou distributeur, en fonction des caractéristiques du produit) et à établir de bons rapports avec eux.

Habituellement, les principales tâches d’un agent littéraire concernent les négociations entre les écrivains et les éditeurs. Pour chaque auteur et chaque ouvrage, l’agent littéraire cherche à trouver le meilleur éditeur et tente de négocier un certain nombre de garanties telles que :

  • un catalogue qui comprend le nom de l’auteur et l’ouvrage;
  • la distribution et un plan de mise en marché approprié;
  • une bonne connaissance et une bonne compréhension du marché;
  • un investissement dans la publication du produit;
  • la gestion des médias;
  • le contrôle des droits dérivés (p. ex., livre broché, éditions reliées, éditions en kiosque, livres audio, édition numérique et autres adaptations pour la télévision et les films). De nos jours, des contrats séparés sont préparés pour chaque édition et pour chaque circuit de commercialisation. De plus en plus souvent, diverses éditions d’un même livre coexistent dans un même pays. Il s’agit là d’une façon d’atteindre plus de lecteurs et d’accroître les revenus de l’auteur;
  • les types de contrat, les territoires visés, l’étendue des engagements pris, etc.;
  • dernier élément, mais non le moindre, les négociations en ce qui concerne les revenus : le pourcentage des redevances (plus le volume des ventes est important, plus le pourcentage des  redevances devrait être élevé), et le paiement d’une avance ou le montant minimum de redevances garanties.

Avez-vous réussi à vendre des droits de traduction à un éditeur espagnol ? Ou avez-vous eu de la difficulté à pénétrer ce marché ? Faites-nous part de vos expériences par l’entremise de nos comptes Facebook ou LinkedIn. Vous voulez en savoir plus à propos du marché espagnol ou voir la liste complète des agences littéraires espagnoles ? Téléchargez notre guide complet ici.

2016-03-03 | Droits, Export, Guides de marché